‹ Histoire des Évêques de Bale (volume 2)Chapitre 576 sur 612 · CHAPITRE XLII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLII

prêtres frappés de bannissement. Cette justice par trop sommaire scandalisa même le Journal des Débats. Mais le vent de la persécution soufflait toujours avec violence. Le 1 7 septembre, le gouvernement de Soleure sécularisait par un décret le chapitre de la cathédrale de Saint-Ours, le chapitre de Sçhœnenwerth et le couvent de Mariastein. — Le 29 septembre, l’évêque de Bâle adressait au Révérend Abbé de ce monastère une lettre pleine de larmes et de compassion. Pendant cette année, il avait administré la confirmation à Zoug et fondé à Lucerne une „ Association" pour protéger les édifices religieux contre les prétentions des vieux-catholiques.

Le couvent de Mariastein.

Au commencement de novembre 1874. l’évêque de Bâle se rendit à Rome, et le 15, à six heures du soir, il fut admis à l’audience du Saint-Père. Le Journal de Florence a raconté (N° 264) cette mémorable entrevue :

. . . «Lorsque Pie IX a vu entrer dans son cabinet particulier l'illustre confesseur de la foi, Mgr Lâchât, il s’est levé de son siège et s’avançant vers lui, les bras ouverts, il l’a pressé sur son cœur. Pendant quelques instants le prisonnier apostolique et l’évêque exilé sont ainsi restés dans cette étreinte de la charité que la communauté des souffrances, les difficult és d’un même combat rendaient plus cordiale et plus expansive. Puis, faisant asseoir l’évêque à son côté, le Saint-Père s’est enquis avec le plus vif intérêt de la situation du diocèse de Bâle, interrogeant Mgr Lâchât sur les moindres détails, et cela pendant plus d’une heure. Le Père commun des fidèles a suivi avec une profonde douleur le récit des maux qui affligent les catholiques du Jura : leurs églises envahies et profanées, leurs curés légitimes traqués comme des malfaiteurs et envoyés en exil pour laisser toute licence à de malheureux apostats; ceux-ci, imposés à une population qui les abhorre; ceux-là, réduits à pénétrer pendant la nuit et travestis au milieu de leurs paroissiens pour leur apporter, au risque d’être surpris et emprisonnés, les secours de la religion: voilà les cruelles épreuves que le Saint-Père a ressenties en lui-même et qui sont venues s’ajouter une fois encore à ses propres amertumes. Mais lorsque Mgr l’évêque de Bâle a entretenu Sa Sainteté de l’inébranlable constance, de la fidélité à toute épreuve

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