‹ Histoire des Évêques de Bale (volume 2)Chapitre 578 sur 612 · CHAPITRE XLII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLII

construction avait coûté tant d’efforts et de sacrifices à M. le chancelier Duret. M. Herzog, curé schismatique d’Olten, venait d’être nommé recteur de la faculté de théologie vieille-catholique de Berne ; trente prêtres intrus étaient installés dans trente paroisses du Jura, tandis que le chapitre de la collégiale de Baden (Argovie) était supprimé.

Mgr Lâchât avait donné la confirmation, en juillet, aux néophytes des cantons séparés qui accouraient sur les limites du canton de Lucerne. Les gouvernements de Soleure et d’Argovie défendaient au clergé de prendre part à ces actes religieux, mais les parrains et marraines des enfants remplaçaient les prêtres empêchés, et protestaient ainsi contre la prétendue destitution de l’évêque. En septembre, les mêmes faits se reproduisaient, et la confirmation était administrée à plus de huit mille enfants, venus des cantons séparés.

Les 5, 6, et 7 août 1875 furent de grands jours pour l’évêque de Bàle. Il avait été convié à venir célébrer à Dublin le centenaire d’O’Gonnel, et s’était rendu à cet appel avec plusieurs prêtres et laïques de son diocèse. Les fêtes furent splendides; le banquet offert par le lord-maire à trois cents invités est célèbre par la préférence qui fut donnée au toast à Pie IX sur le toast à la reine d’Angleterre. L’évêque de Nantes fut remercié avec les français. En parlant de la Suisse, le lord-maire se tourna vers Mgr Lâchât qu’il appela un martyr de la foi. En ce moment d’immenses acclamations saluèrent les députés de la Suisse catholique et du Jura persécuté. Un nouveau toast à Pie IX fut accueilli par une triple salve d’applaudissements. Pressé par les plus vives instances, Mgr Lâchât a remercié le lord-maire et le peuple d’Irlande pour la grande leçon qu’ils donnent aux catholiques du monde entier en faisant hautement ces splendides manifestations de leur foi. Fils dévoué de la Suisse, il n’a aucune parole amère à l’adresse de sa patrie, aucun blâme pour ses persécuteurs. 11 parle de la Suisse si naturellement attachée à l’Irlande par quelques-uns de ses premiers apôtres qui furent des Irlandais, S. Golomban, S. Gall, etc. Chacun de ces noms était accueilli par des applaudissements. Ils redoublèrent d’énergie quand Monseigneur termina par ces paroles d’O’Gonnel sur son lit de mort: „Je donne mon âme à Dieu, mon cœur à Rome et tout mon corps à ma patrie. “ C’est ainsi qu’il faut faire : que Dieu possède notre âme; que l’amour du vicaire de Jésus-Christ soit profond et ardent en nos cœurs ; nous serons ainsi bien plus forts pour nous donner tout entiers à la défense, à la prospérité de la patrie qui nous est chère.

Les principaux membres de l’épiscopat de France et de l’étranger continuaient à témoigner de leurs profondes sympathies pour l’évêque de Bàle. Le cardinal archevêque de Westminster et les évêques d’Angleterre joignaient leurs lettres à celles de Mgr de Bonnechose, de Mgr Guibert, de Mgr Mathieu, de Mgr de Quimper, de Mgr Simor, primat de Hongrie. Le cardinal Joachim Pecci. aujourd’hui le pape Léon XIII, lui avait adressé précédemment la lettre suivante :

Très vénéré Monseigneur Lâchât,

Si, an milieu des luttes très âpres qu’un siècle plein d’incrédulité vous a longuement préparées, une parole amie de vos collègues dans l’épiscopat vous peut servir de consolation, je ne dois pas être des derniers à vous rendre un devoir fraternel et à vous adresser l’hommage de mon admiration. Je me rappelle toujours avec plus de complaisance les heures que nous avons passées ensemble au palais pontifical du Quirinal pendant le saint

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