‹ Histoire des Évêques de Bale (volume 2)Chapitre 594 sur 612 · CHAPITRE XLII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLII

je me souviendrai toujours des adhésions, des dévouements qui m’ont soutenu dans l’accomplissement de ma tâche. C’est, en effet, au milieu de circonstances, tantôt moins agitées et tantôt ouvertement hostiles, que s’est poursuivi le cours de mon ministère auprès de vous. — Mais si Dieu est pour nous, dit encore l’apôtre, qui sera contre nous et quel ennemi avons-nous à redouter ?

Laissez-moi vous saluer une dernière fois, Messieurs les Chanoines de ma cathédrale de Soleure, qui fûtes autrefois mes conseillers intimes, et que l’on a violemment séparés de votre évêque depuis douze ans. Puisse une prompte reconnaissance de votre droit ne pas se faire attendre, afin que vous repreniez bientôt la louange de Dieu auprès des restes vénérés des SS. Ours et Victor, les puissants protecteurs de ce diocèse !

Souffrez que je vous adresse mes remercîments, Messieurs les Commissaires épiscopaux dans les divers cantons du diocèse de Bâle. Vous avez noblement collaboré avec moi dans l’administration diocésaine, et nul ne peut se plaindre qu’on lui ait manqué d’égards et que le droit ait été méconnu, ou qu’une loi civile ou constitutionnelle quelconque ait été violée durant le cours de notre administration.

Je voudrais de même vous dire tout ce que mon cœur ressent pour vous, Doyens et Curés des paroisses, qui avez toujours accueilli si cordialement votre évêque et fait sa joie. Vous aussi, Chapelains et Vicaires et toute cette génération de prêtres qui avez reçu de mes mains fonction sacerdotale, comment pourrais-je jamais vous oublier? Nous avons souffert ensemble, nous avons gémi et espéré ensemble et vous m’êtes doublement chers. Oh! continuez tous à servir notre bon Maître, à vous dévouer à la Sainte Église, contre laquelle ne prévaudront point les portes de l’enfer. Les flots en fureur ne renversent pas le roc; ils ne font que le blanchir de leur écume. Que la chute de quelques-uns de vos frères, que nous pleurons, vous apprenne à être vigilants et à craindre le Seigneur lui seul, afin que vous conserviez à jamais l'honneur de votre sacerdoce, la pureté de votre âme de prêtre de Jésus-Christ et l’intégrité de la foi !

Je ne saurais omettre d’adresser mes actions de grâces au vénérable Chapitre de l’insigne collégiale de Saint-Léger de Lucerne, et spécialement à son révérendissime chef et prévôt, pour leur filial respect et les prévenances qu’ils n’ont cessé de me témoigner, dès le premier jour où j’ai fixé ma demeure provisoire auprès d’eux. J’aime à leur exprimer ma vive reconnaissance, ainsi qu’au respectable clergé de la ville de Lucerne, auquel incombe plus spécialement le devoir de la garde de la vraie foi catholique, apostolique et romaine, exposée ici à tant d’assauts et à des embûches si malignement dressées. Je serais ingrat si je ne nommais mon aide fidèle, cet homme laborieux, ce digne prêtre qui, durant les vingt-deux années de mon épiscopat, n’a cessé de consacrer ses talents et son activité à notre diocèse.

Puis le prélat prend congé des communautés religieuses, des pieuses asso- ‘ dations, des hommes d’État qui lui ont prêté leurs concours et enfin il salue avec émotion son pays natal, le Jura bernois.

Je ne puis me défendre de saluer en partant ce pays jurassien, berceau chéri de mon enfance, où frémissent encore les cœurs catholiques sous l’ardeur de leur foi, hélas! trop souvent entravée ! Ah ! Seigneur, donnez la paix à mes frères et à mes proches, et ayez pitié de votre peuple. Je baise avec respect ce coin de terre où sont ensevelis les ossements de mon père et de ma mère, dont le souvenir ne cesse jamais d’émouvoir mon cœur filial, surtout à la pensée que j’ai pu hériter de leur piété et de leur foi cet amour pur de l’Église, au sujet duquel j’atteste, en défiant la contradiction, ma constante et intégrale fidélité, et sans ombre d’hésitation.

Vous tous enfin, catholiques du diocèse de Bâle, laissez-moi vous adresser les suprêmes recommandations d’un père qui vous aime tendrement: persévérez jusqu’à votre dernier soupir, dans la foi catholique, apostolique et romaine, dans la fidélité au successeur de S. Pierre, le Souverain-Pontife, sans quoi vous ne seriez point catholiques. Tenez-vous en garde contre toute voix non autorisée par Notre Saint-Père le Pape et les évêques légitimes. Ce sont eux qui, directement ou par l’organe de vos pasteurs approuvés par eux dans vos paroisses, sont les seuls que le divin Maître vous commande d’écouter dans l’œuvre de votre salut. Pères et mères, ayez soin de garder la foi et 1 innocence de vos enfants et vous, jeunes gens, aimez la vertu, pratiquez la religion et ne

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