‹ Histoire des Évêques de Bale (volume 2)Chapitre 71 sur 612 · CHAPITRE XXX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXX

A ces félicitations faites dans la langue de l’antiquité, Christophe d’Utenheim répondit dans le même langage par deux distiques où perce l’humilité du pieux prélat. Il dit:

Parcite, Piérides, nobis ascribere laudes.

Laus virtutis opus, nos mala multa premunt.

Exigua est nobis virtus, nec labe caremus.

Plangite nos: celebrent carmina vestra Deum.1

Le premier acte de la sollicitude pastorale de l’évêque de Bâle fut la tenue de ce synode qui devait apporter dans son clergé la vraie réforme fondée sur les lois et les sages prescriptions de l’Eglise. Cela fait, le vénérable prélat s’occupa de l’administration de ses états. L’année même du synode, il se rendit à Porrentruy, en prit possession comme seigneur temporel, et confirma, comme ses prédécesseurs, les franchises des bourgeois. Pendant son séjour en Ajoie, il s’occupa de dresser, avec le concours du magistrat, un règlement de police qui déterminait clairement la constitution civile de la ville de Porrentruy, les attributions et l’autorité du maître-bourgeois, des conseils, du châtelain représentant le seigneur évêque ; on spécifia dans des chapitres particuliers les droits et les charges de chacun dans la confection des nouveaux bâtiments, dans les réparations et les corvées à ce nécessaires ; les impôts, les amendes, la prison, l’inspection et la police des marchés et des foires, la fourniture des viandes de boucherie, du sel, l’administration des biens et du trésor de la ville, etc., etc.

A Saint-Ursanne, où l’évêque reçut le serment de fidélité et confirma les privilèges des bourgeois, il céda aux instances des chanoines et les autorisa à faire l’ouverture du tombeau de leur patron, d’en extraire le chef et de le placer dans un buste d’argent qui fut fait à cette occasion. 2 La même cérémonie eut lieu quelque temps après à Moutier. Muni de pouvoirs spéciaux que lui avait accordés le légat du pape, le cardinal Rnymond qui avait passé à Bâle, Christophe d’Utenheim fit lui-même l’ouverture du tombeau où reposaient les corps sacrés de S. Germain et de S. Randoald et, le 8 septembre 1505, il présida la translation solennelle de ces saintes reliques qui furent élevées au-dessus du grand autel de l’église collégiale, au milieu d’un grand concours de peuple; on remarquait dans l’assistance de l’évêque, le suffragant de Tripoli, les abbés de Bellelay, Lucelle et Beinwyl, le prévôt et le custode de la cathédrale et plusieurs autres prélats. 3

Le cardinal Raymond, du titre de Ste Marie-la-neuve, qui avait autorisé l’évêque de Bâle à ouvrir le tombeau des martyrs de Moutier, s’était arrêté à Bâle à son retour de son ambassade, comme légat du Saint-Siège dans le Danemark et en Suède (1504). Il voulut, pendant son séjour auprès de Christophe d’Utenheim, reconnaître l’authenticité des reliques de trois compagnes de Ste Ursule, Cunégonde, Mechtilde et Widbrande, qui étaient vénérées de temps immémorial à Eichselen, dans l’église paroissiale du château de Rheinfelden, où il se faisait de nombreux miracles. Le cardinal envoya son conseiller intime Jacques Merbold pour dresser une enquête attentive à ce sujet. Sur le rapport très circonstancié qui lui fut fait, le légat se rendit lui-même â Eichselen et procéda à l’ouverture du tombeau où étaient renfermées les trois saintes martyres. On les transporta

1 Statuta synodalia Basiliensia Christophori episcopi Basiliensis, etc. 27 feuillets in 4° car. goth. =

2 Varia latina, p. 419. Ce buste, d’un fort beau travail, existe encore dans le trésor de l’église de Saint-

Ursanne. — 3 Hist. eccl. Monast. Grand., p. 43.

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