CHAPITRE XXXI
Le dimanche qui suivit le pillage de la cathédrale (14 février), 1er du carême, l’ancien suffragant de Bâle, Telamonius Limperger, fit le prêche à l’heure ordinaire de l’office et chanta les psaumes en allemand. 1
Œcolampade était l’âme de cette immense révolte qui soulevait tout un peuple contre la vieille Église catholique. Ce fut à sa demande qu’en juin 1530, on arrêta que tous ceux qui s’opposeraient à la réforme ou manqueraient à la cène réformée, seraient destitués de leurs charges, tant en ville qu’à la campagne. Lorsqu’on eut brûlé sur la place de la cathédrale, les statues de bois, les confessionnaux sculptés, les autels avec mille figures, tous les chefs-d’œuvre dont l’art
Érasme de Rotterdam, d’après Holbein.
catholique avait enrichi les églises, Œcolampade rendit joyeusement compte de ces actes de vandalisme en ces termes à Gapito : „Par ma foi! c’était un désolant spectacle pour la superstition: les malheureux idolâtres auraient volontiers versé des larmes de sang. On s’est rué si cruellement sur les idoles que la messe en est morte de douleur. Mes adversaires me désignent comme l’auteur de ces méfaits." L’impatience despotique du réformateur ne s’arrêta pas en si beau chemin.
le trésor y resta caché jusqu’en 1834. En 1 (463, l’évêque de Bâle, Conrad de Roggenbach, réclama à la diète suisse ces objets précieux; en 1670, des délégués vinrent de sa part à Bàle avec de nouvelles réclamations qui furent renouvelées sans succès en 1685. Le trésor resta intact jusqu’en 1834. Bâle-Campagne, ayant eu en partage la table d'or de S. Henri, la vendit au colonel Theubet le 23 mai 1836. — Voir Description de la table d’autel en or fin. donnée à la cathédrale de Bâle par l’empereur Henri II en 1019. Porrentruy 1838, 8 pages en 4" avec une gravure de la table. — Voir la table d’or, chromolithographie, t. I. p. 88.
1 Urstisius, Epit., p. 228,