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L’UNIVERSITÉ DE BALE

docteur Pierre d’Andlau qui était prévôt de Lautenbach. De son côté, le sénat de Bâle accorda aux étudiants les mêmes privilèges dont jouissaient les universités de Bologne, de Paris, de Cologne, d’Heidelberg, d’Erfurt et de Vienne. Ils furent en outre exemptés de tout impôt et affranchis de la juridiction civile ; tout fut laissé à l’autorité du recteur. Pour subvenir à l’entretien de l’université, Pie II lui appliqua les revenus de neuf prébendes canoniales, deux de la cathédrale, deux du chapitre Saint-Pierre de Bâle, la cinquième de celui de Zurich, la sixième du chapitre de Saint-Urs à Soleure, la septième de celui de Saint-Maurice de Zofingen, la huitième de Saint-Martin de Colmar et la neuvième de Saint-Ursanne. L’université comprit tout d’abord les quatre facultés de théologie, de droit, de médecine et de philosophie, qui eurent à leur tête Gaspard Maner, Pierre zem Luft, Wernher Wœlflius et Jean Creutzer. 1

Le premier recteur, le prévôt Georges d’Andlau, remplit ces hautes fonctions durant six ans. Il mourut le 7 mars 1466; on l’ensevelit dans la cathédrale, près de la porte de Saint-Gall. 2 11 était en même temps prévôt du chapitre de

Luttenbaeh en Alsace. C’était un homme remarquable par sa science et sa vertu; l’université reconnut ses mérites en faisant placer sur sa tombe une inscription qui rappelait ses titres au souvenir de la postérité. 3 Le custode de la cathédrale, Gaspard ze Rhein, qui fut plus tard évêque de Bâle, succéda à Georges d’Andlau comme recteur de l’université de Bàle. — ,, Heureuse cette université, dit le P. Voisard dans son Histoire des Évêques de Bàle, si peu d’années après son établissement, elle n’avait pas ouvert son sein à des docteurs, qui, ayant oublié qu’ils étaient redevables aux papes et à l’Église romaine, des honneurs et des privilèges dont ils jouissaient, se soulevèrent contre elle, rompirent l’unité, donnèrent crédit à l’erreur et conspirèrent pour soutenir le schisme et l’hérésie, qui infectèrent une partie de l’évêché de Bàle et y firent dans la suite répandre tant de sang. “ 4

Jean de Venningen ne pouvait inaugurer plus dignement son règne qu’en dotant sa ville épiscopale d’une université qui devait y faire fleurir au plus haut degré les sciences et les lettres.

Déjà il avait assuré aux habitants de Bàle la nomination chaque année d’un bourgmestre, et d’un conseil dans lequel devaient entrer chevaliers, bourgeois et artisans (17 juin 1458). 5 Deux jours auparavant, il avait reçu foi et hommage de ses fidèles sujets de la ville et prévôté de Saint-Ursanne et de la Franche- Montagne et avait confirmé par un acte solennel leurs franchises et privilèges (le jour de S. Vite, 15 juin 1458). 6

Porrentruy et l’Ajoie demeuraient la propriété des comtes de Montbéliard : l'évêque de Bàle n’avait aucune juridiction sur cette portion choisie de ses états. Jean de Venningen résolut de rentrer en possession de ce pays qui depuis près

1 Urstisius. Epit. hist. Basil., p. 1216 et suiv. — Sudan, Basilea sacra, p. 327. — P. Voisard. p. 228. — Dans sa grande chronique de Bâle, Wurstisen a donné une planche qui représente l'inauguration de l’université de Bâle et que nous reproduisons à la tête du chapitre. Martini min. contin.. p. 1. — 2 Liber vitæ cath. eccl. — 3 Voici cette inscription:

Hic jacet insignis, virtute insignior omni ! Studii rector almi, nunc sine nomme pulvis.

Crregorius de Andlo : nobili vir sanguine clarus, I Sic spes, sic gaudium, sic transit gloria mundi. Prælatorum decus, cunctis gratissimus unus. j Omnibus stat breve et irreparabile tempus.

Fulserat hoc templo pariter et in Lutenbaco. ! Obiit postquam in hac Ecclesia annis 50 floruissel, Egregius ambarum Præpositus ecclesiarum. Die 7 mensis Martii, anno Domini 1466.

Atque in hac primus floruit dignissimus urbe Cujas anima eterna pace fruatur.

4 P. Voisard, Hist. des Évêques de Bàle. p. 228. = s Trouillat et Vautrey, t. V. p„820. — 6 Ibidem.

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