‹ Histoire des Évêques de Bale (volume 2)Chapitre 91 sur 612 · CHAPITRE XXXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXI

choses religieuses; ceux qui auraient contracté des pactes avec le diable, qui se serviraient de faux poids et de fausses mesures ; les aubergistes qui auraient la coutume de surfaire leurs pratiques ; ceux qui écriraient , imprimeraient ou vendraient des pamphlets. Telle était la liberté de la nouvelle Église !

Epuisé de travaux qui n’aboutissaient qu'à d’amères déceptions, Œcolampade deux ans après mourut, le 21 novembre 1531. 1 II fut enterré dans le cloître de la cathédrale où on lit encore l’épitaphe de son tombeau. 2

On conçoit qu’au milieu de ce soulèvement de tout un peuple contre l’antique foi catholique, un évêque n’était plus possible à Bàle. Aussi Philippe de Gtmdelsheim dut chercher un refuge à Porrentruy; il y fixa sa demeure le 10 juillet 1528 et par une déclaration officielle, il en fit sa résidence définitive. Le chapitre cathédral suivit son exemple. Il se retira d’abord à Neuenbourg sur le Rhin, puis à Fribourg en Brisgau où il se fixa définitivement le 8 septembre 1529 3 ; l’officialité diocésaine fut transférée à Altkirch qui appartenait alors à l’évêché de Bàle. Érasme quitta avec les chanoines une ville agitée et remuante; plusieurs savants, ne trouvant plus pour leurs travaux le repos qu’ils réclamaient , émigrèrent de même. Urstisius mentionne, avec Louis Ber, le célèbre Glareanus (Henri), qui depuis 1522 habitait Bàle où il dirigeait un pensionnat de jeunes gens. C’était un philologue distingué, poète couronné, savant également versé dans la connaissance de la philosophie, de l’histoire, de la géographie, et de la théologie. Lié d’amitié avec Zwingle, Reuchlin, Érasme et OswaldMyconius, quelque temps avant la réforme, il salua l’explosion du mouvement religieux, ainsi qu’il l’annonçait luimême, comme une ère nouvelle. Mais quand il vit, en 1529, le protestantisme introduit de force à Bàle, au milieu d’une sédition, au bruit du canon et avec la fureur des anciens iconoclastes, les écailles tombèrent complètement de ses yeux; il quitta Bàle et suivit le chapitre de la cathédrale à Fribourg en Brisgau où on lui donna la chaire de poésie. Il y mourut en 1563, à l’âge de soixante-quinze ans.4

Érasme, en quittant Bâle, accompagné du docte Boniface Amerbach et d’autres amis, exprima ses regrets par les vers suivants qui ont été reproduits par Urstisius : Jam Basilea vale, qua non urbs altéra multis Annis exhibait gratins hospitium.

Hinc preeor omnia læta tibi, simul il lnd Erasmo,

Hospes uti ne unquam tristior adveniat. 5

A Fribourg, le savant reçut l’accueil le plus honorable et fut logé par le magistrat dans l’hôtel de l’empereur Maximilien. Il resta six ans à Fribourg où il fit d’importantes publications. En 1535, mécontent de sa santé, il revint à Bâle, dans l’espérance qu’elle s’y rétablirait. Il fut reçu avec joie par ses amis et logea chez Jérome Froben. Il souffrit horriblement de la goutte et d’une fièvre lente depuis l’automne de 1535, et fut obligé de garder le lit pendant tout l’hiver. Il mourut dans la nuit du 11 au 12 juillet 1536. Son corps fut porté par les étudiants à la sépulture, dans la cathédrale, dans une ancienne chapelle de la Ste Vierge. Le magistrat, le sénat et les professeurs assistèrent à ses obsèques.

1 Biographie universelle, t. XXXI. p. 511. — Encyclopédie catholique de Goschler, t. XVI. p. 325. — •I. Herzog, Vie de J. Œcolampade. Bâle, 1843. = 2 D. Johannes CEcolampadius, professione theologus,

trium lingunrurn peritissimus, author evangelicæ doctrinæ in hac urbe prirnus, et templi hujus vécus episcopus, ut doctrina sic vitæ sanetimonia pollentissirnus, sub brève saxum hoc reconditus jacet.“ Urst., Epit., p. 92. — s D' Th. von Liebenau, p. 11. = 4 Schreiber, Biogr. de Glareanus, Frib. 1837. =

3 Urst., Epit,., p. 86.

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