‹ Histoire des Évêques de Bale (volume 2)Chapitre 96 sur 612 · LA RÉFORME DANS L’ÉVÊCHÉ DE BALE · texte numérisé non relu

LA RÉFORME DANS L’ÉVÊCHÉ DE BALE

Spire (1529, août); mêmes réclamations. L’évêque ajoute que les châteaux de l’évêché de Bâle sont ruinés et doivent être réparés sans retard. Dans les guerres entre l’Autriche et la Suisse, ses prédécesseurs se sont interposés comme médiateurs ; de là de grandes dépenses couvertes par de lourds emprunts. Pendant les guerres de Bourgogne, plusieurs villages de ses États ont été brûlés et détruits pour toujours. Son prédécesseur a dû payer cinq cents florins d’or pour les impôts d’empire; lui-même a fait de grandes dépenses pour acquitter les frais de sa confirmation par le Saint-Siège et obtenir les régales. Une inondation récente a fait d’immenses ravages dans son diocèse ; il n’ose rien réclamer à ses sujets et à son clergé. Il n’a plus rien à engager comme garantie d’un emprunt; il ne peut rien payer et il réclame un commissaire de l’empire pour constater le triste état dans lequel il se trouve.

Interrompues pendant dix ans, les plaintes de l’évêque de Bâle reparaissent aux diètes d’empire dès 1540. Sa position, loin de s’améliorer, n’a fait que devenir plus mauvaise. Le 20 juin 1540, il écrit à son chapitre que si on ne lui vient en aide, il lui est impossible de continuer à administrer le diocèse de Bâle. L’année suivante (1541, février), il envoie à la diète de Ratisbonne Melchior de R.einach porter une nouvelle supplique.

Il rappelle son dénuement, sa position précaire, les dettes faites par ses prédécesseurs, le sceau épiscopal engagé aux Bàlois, la défection totale de la moitié de ses États, l’abandon dans lequel l’empire le laisse, les terres de l’évêché engagées à Bâle, à Soleure et à d’autres États suisses, en grand danger de passer entre les mains de ces nouveaux maîtres. Il expose à la diète la situation financière de la mense épiscopale : tous ses revenus se montent à 6687 livres bâloises 16 sols 6 deniers, valant 5348 florins d’or; il doit payer chaque année pour les dettes de l’évêché 5767 livres 9 sols 8 deniers, soit 4614 florins: il lui reste donc pour vivre et administrer ses États 920 livres 6 sols

10 deniers, soit 734 florins d’or de revenus par an, sans compter des dettes particulières, qui se montent à 8393 livres 7 sols 6 deniers!! Pauvre prince!

On conçoit que dans une telle pénurie, il ait pu emprunter 60 livres de Bâle au chapitre de Saint-Michel de Porrentruy, qui porte avec soin cette somme sur ses comptes de 1552. Un instant, Philippe de Gundelsheim avait espéré l’incorporation à l'évêché de Bâle de quelques monastères richement dotés dont les revenus eussent comblé les déficits de ses finances. L’abbé de Lucelle, Henri Sapper, était mort le 26 mars 1542 ; aussitôt l’évêque de Bâle, confiant dans les promesses qu’il avait reçues de l’empereur (1539), écrit au gouverneur impérial àEnsisheim pour demander l’abbaye vacante. Il craint d’être exilé de son diocèse;

11 implore son secours. L’événement ne justifia pas ses espérances, car le 4 avril 1542 Nicolas Rosenberg prenait possession de Lucelle, comme abbé de ce célèbre monastère.

Les mémoires de l’évêque de Bâle arrivent encore aux diètes d’Augsbourg (1547, 1550), de Nuremberg (1551), de Worms (1551). Invité au concile de Trente, il s’excuse auprès de l’empereur Charles Y de ne pouvoir y assister, à

Philippe de Gundelsheim.

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