‹ Histoire des Évêques de BaleChapitre 10 sur 496 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

sa parole en témoignage public de ses sentences, il souscrivit les actes du concile qui ont été conservés. Il signa Justinianus Eauricorum, Justinien des Rauriques. Cette signature seule porte avec elle le signe de son authenticité. Alors Bâle n’existait pas encore, Augusta Rauracorum, la capitale de la Rauracie, était dans toute sa splendeur ; Eaurica était le nom de l’antique cité des Rauraques. L’évêque de la Rauracie, siégeant à Cologne, avec les autres évêques de la Gaule, devait prendre le titre de sa ville épiscopale, comme ses vénérables confrères et signer Justinien (évêque) de Raurica ou des Rauriques. Cette exactitude des actes de Cologne à reproduire le titre, que devait porter l’évêque d’ Augusta en 346, suffirait pour prouver leur authenticité qui est du reste attestée par des auteurs dignes de foi. Tillemont, si sévère sur la valeur des titres, de Marca, Launoy, le P. Petau, Slus, Blondel, tous auteurs sérieux, sont d’accord pour reconnaître la valeur du concile de Cologne. 1 L’histoire de S. Maximien écrite en 839 par Loup de Ferrières parle de l’hérésie d’Euphrate et de sa condamnation par le concile de Cologne.2 La plus ancienne vie de S. Séverin de Cologne, écrite avant la fin du VIIIe siècle, la vie de S. Servais de Tongres, en parlent de même.3 La chronique d’Albéric de Trois-Fontaines cite parmi les évêques présents au concile de Cologne Justinien d’ Augusta Rauracorum, (Auroconensis id est de Rouroi [Raurac] Bisuntinensis diœceseos). „Jam non est civitas." — Ce n’est plus une ville, dit le chroniqueur qui écrivait après la destruction d’ Augusta, mais le souvenir de la vieille capitale des Rauraques paraît dans ce titre d’évêque d ' Aurocon, de Rouroi qui rappelle Y Augusta Euracum de l'itinéraire d’ An ton in. Du diocèse de Besançon, ajoute très bien la chronique; la métropole à laquelle les Rauraques appartenaient, était en effet Besançon, capitale de la Maxima Sequanorum , dont la Rauracie faisait partie dès Justinien.

Justinien ne se borna pas à cet acte courageux de sa profession de foi. L'Eglise était infectée par l’arianisme qui menaçait de l’envahir de toutes parts. S. Athanase était une des plus glorieuses victimes de cette funeste erreur. Le pape S. Jules II convoqua en 347 tous les évêques à Sardique pour défendre la vraie foi. Sardique était une ville d’Illyrie, métropole des Daces, sur l’extrême limite des deux empires d’orient et d’occident. Malgré l’éloignement et la longueur du voyage, Justinien n’hésita pas à se rendre à l’appel du pape, et à faire de nouveau, à un intervalle si rapproché, une absence qui le tenait éloigné pour plusieurs mois de ses chères ouailles. Presque tous les évêques de Gaule qui avaient assisté avec Justinien, au concile de Cologne, se trouvèrent avec lui, dans les mêmes sentiments à Sardique. Trois cents évêques, accourus des provinces d’Espagne, des Gaules, d’Egypte, de la Palestine, de l’Italie, etc., proclamèrent une seconde fois la doctrine de Nicée. S. Athanase et d’autres évêques chassés de leurs sièges par les Ariens furent solennellement admis à la communion de l’Église, leur autorité légitime confirmée et les usurpateurs frappés d’anathème. D’autres décisions importantes furent prises par le concile qui adressa à toutes les églises du monde une lettre synodale où figure la signature de notre évêque Justinien. Après de si louables travaux qui durèrent durant l’été de l’an 347, (après le 22 mai)4 les Pères du concile

1 Tillemont, Mémoires, t. VI. pag. 332. — P. de Marca, 1669, conc., lib. VI. c. 17. pag. 131, lib. VII.

p. 216. — De Launoy p. II. I. 10. p. 32. — Blondel, prim. p. 82. — P. Petau, dog. t. IV. 1. 1. p. 14. — Slus de

Serv. p. 28. = 2 Surins, 29 mai, p. 324. = 3 Ibid. p. 358. p. 404. = 4 Les députés du concile de

Sardique étaient avant Pâques 348 à Antioche ofi était Constance. — Théodore!., t. II. c. 6. j>. 598.

RVDERA THEATRI RAVRICI^^XVI.

EX StKEDIS AMERBACH.

Ruines d’Augusta Rauracorum au XVIe siècle.

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