‹ Histoire des Évêques de BaleChapitre 103 sur 496 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

les conditions étant réglées, il ne restait plus qu’à procéder à l’absolution solennelle. Le 25 janvier au matin, Henri se présenta à la porte de l’église principale de Canossa, le visage inondé de larmes ; les autres excommuniés fondaient également en pleurs. Après avoir recueilli l’aveu de leurs fautes passées, le pape adressa aux pénitents un discours plein de consolation et de tendresse. Procédant ensuite aux cérémonies de la réconciliation, il leur accorda l’indulgence, l’absolution et la bénédiction apostolique, et les ayant ainsi rétablis dans la communion chrétienne, les introduisit dans l’intérieur de l’église. Là ayant récité sur eux l’oraison accoutumée, il donna au roi, puis aux cinq évêques de Strasbourg, Brême, Lausanne, Bâle et Zeitz le baiser de paix et saluant toute l’assistance, il commença la messe solennelle . . A la communion, il appela le roi et lui présenta l’eucharistie qui jusqu’alors lui avait été interdite; le roi s’en déclara indigne et retourna à sa place sans avoir communié . . Enfin ayant reçu la bénédiction apostolique, le roi se retira avec les siens. “ 1

Cependant, les princes d’Allemagne, réunis à Forcheim, élurent pour roi Rodolphe de Souabe. A cette nouvelle, Henri IY quitta l’Italie et se dirigea avec les évêques allemands, parmi lesquels se trouvait Bourcard d’Asuel, 2 vers la Bavière, qui l’accueillit avec joie. Bientôt des secours armés lui arrivèrent de toutes parts; les seigneurs des deux Bourgognes avec leurs vassaux, les évêques de Bàle, de Strasbourg, de Lausanne, l’abbé schismatique de Saint-Gall, Ulrich d’Eppenstein, enfin toute la foule des simoniaques accoururent se ranger sous les étendards d’Henri IV. 3 La guerre civile ravagea l’Allemagne.

En 1077, nous trouvons les évêques de Bàle, de Lausanne et de Strasbourg ravageant les terres de Rodolphe de Souabe. Sa femme Adélaïde avait quitté Zurich pour se retirer dans un de ses châteaux où elle se croyait plus en sûreté. Elle y fut pendant six mois l’objet des vexations des Bourguignons. Les évêques de Bàle, de Lausanne et de Strasbourg avec des troupes sous leurs ordres, mirent à feu et à sang toute la contrée soumise au roi Rodolphe et la soumirent de force à leur autorité et à celle de leur roi Henri IY. Ce ne fut cependant pas sans coup férir et sans pertes nombreuses; car à deux reprises, leurs soldats furent battus, mis en fuite ou restèrent sur le champ de bataille.

L’année suivante (1078) les évêques de Bâle et de Strasbourg sont de nouveau engagés dans des entreprises guerrières; ils soutiennent toujours à main armée le parti de l’empereur Henri IV. Dans un combat livré par leurs troupes à Bertholde II de Zæhringen, leurs soldats furent vaincus, faits prisonniers et soumis à des traitements barbares. Les deux prélats eurent mille peines à s’échapper de la mêlée et à trouver leur refuge dans une fuite précipitée. 4

Bourcard d’Asuel méritait bien quelque salaire pour son dévoilement à l’empereur. Aussi le 7 décembre 1080, Henri IV, étant à Spire, en considération de son fidèle Bourcard, évêque de Bàle, — fidelem nostrum Burkardum Basiliensem episcopum respeximus — pour le salut du roi, de ses parents et de ses amis vivants et morts, — pour l’honneur de Dieu et pour satisfaire au fidèle service de l’évêque — episcopi fideli servitio, — sur la recommandation de la reine Berthe, son épouse, et des évêques de Spire, de Trêves et de Lausanne, — il

1 Bertholdi Constant. Chron. ap. Ussermann, t. II. p. 41—45. = 2 Lambert d’Hersfeld. = 3 Bertholdi

Constant. Chron. apud Ussermann, p. 52 et 53. = 4 ibidem, t. II. p. 85 et 86.

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