‹ Histoire des Évêques de BaleChapitre 104 sur 496 · HENRI IV, DONATEUR DE L’EGLISE DE BALE · texte numérisé non relu

HENRI IV, DONATEUR DE L’EGLISE DE BALE

donne à l’église de la Sainte-Mère de Dieu, Marie, toujours vierge, à Bâle, où Bourcard tient son siège épiscopal, le comté de Herkingen, dans le Buchsgau, 1 à condition que Bourcard, évêque de la dite Église de Bâle, et ses successeurs le possèdent pour l’utilité de l’Église. 2

Bourcard d’Asuel ne fut pas effrayé par la sentence solennelle d’excommunication et de déposition que le pape Grégoire VII fulmina contre Henri IV, le 7 mars 1080, dans le concile romain. En vain F excommunication frappait en même temps les fauteurs du roi, dont les sujets étaient déliés de toute promesse de fidélité; l’évêque de Bâle, méprisant tous ces anathèmes, continua à rester attaché au service de l’excommunié, et à partager la réprobation qui frappait les évêques schismatiques. Il accompagnait l’empereur au siège de Rome et il entra avec lui, après le quatrième assaut , dans la ville éternelle qui fut ouverte par trahison à l’excommunié, le 21 mars 1084. Dans la joie du triomphe, Henri IV combla de ses faveurs ceux qui avaient eu le courage de le suivre. Aussi le jour même de son entrée à Rome, il fit don à l’église de Bâle du domaine de Ribeaupierre, en Alsace. La charte royale est fort curieuse, et nous livre des renseignements précieux sur l’état du diocèse de Bâle, sous son évêque indigne. Le roi Henri parle au nom de la sainte et indivisible Trinité; il est roi par la faveur et la clémence divine. Son devoir est de venir au secours des églises indigentes de son royaume, il doit les défendre des attaques de leurs ennemis, augmenter les biens de celles qui sont pauvres; mais surtout il doit venir en aide aux églises qui ont été amoindries ou presque réduites à rien par ses ennemis en haine de l’honneur qui lui est dû. L’Église de Bâle a été l’objet des attaques particulières des adversaires du roi qui en est très affligé. Parce que son évêque Bourcard lui est resté attaché, parce qu’il a eu soin de lui garder la fidélité jurée à Dieu, en sa personne, on a dilapidé les biens de son Église ; il a préféré cette perte à la trahison et à la révolte contre le roi. C’est pourquoi Henri IV accueille favorablement la demande qu’il lui adresse, appuyée par la reine Berthe et les évêques d’Utrecht, de Padoue, de Vicence et de Strasbourg et d’autres illustres personnages, et pour reconnaître les fidèles services de l’évêque Bourcard, pour le bien spirituel de ses parents et amis, vivants el morts, et aussi pour le remède de son âme, le roi donne à perpétuité à l’église de Ste Marie élevée dans la ville de Bâle, le domaine de Ribeaupierre en Alsace, qu'il tient de la succession de son père l’empereur Henri, avec tous les droits y attenant. Les évêques de Bâle ne pourront en disposer cpie pour le bien de leur église, et non pour leur avantage particulier. Le roi fît dresser un diplôme en règle de cette donation, et le revêtit de sa signature et de son sceau. L’évêque de Constance, Geberhard, remplissait alors l’office de chancelier. L’acte fut dressé au palais de Latran, où le roi s’était introduit le même jour (21 mars) — Actum in palatio R.omæ féliciter. 3 Cette importante donation ne put qu’affermir Bourcard d’Asuel dans sa révolte contre le saint siège. Aussi resta-t-il sourd aux anathèmes qui furent lancés contre lui par les évêques réunis en concile à Quedlinbourg, sous la présidence du cardinal Odo de Lagery, légat du pape, le 22 avril (mardi de Pâques) 1085. L’excommunication frappa également les évêques de Constance, de Coire et d’autres prélats en état de révolte ouverte contre le saint siège. 4

1 Le Buchsgau comprenait une partie du canton actuel de Soleure. Herkingen est un village situé

entre Kestenholz et Hàgendorf. = 2 Codex diplom. Eccl. Basil., p. 14. = 3 Codex diplom. Eccl. Bas.,

p. 26. = 4 Bertholdi Constant. Chron. apud Ussermann, p. 127 et 129.

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