FONDATION DE SAINT-ALBAN A BALE
Il fonda pour eux à Bâle sur les bords du Rhin un monastère qu’il consacra au martyr de Mayence, S. Alban. Alban était africain; fuyant la persécution de Hunéric, roi des Vandales ariens, il s’était réfugié à Rome avec Théonaste, son évêque. Il fut envoyé à Mayence où il combattit l’arianisme avec une telle vigueur qu’il fut bientôt la victime de ces sectaires et mis cruellement à mort (IVe siècle). Mayence avait un célèbre monastère de bénédictins, élevé sur le lieu du martyre de S. Alban. L’évêque de Bâle, jeune prêtre et camérier de l’archevêque, à Mayence, avant son élévation â l’épiscopat, n’avait pas oublié le glorieux martyr et son abbaye. Il lui consacra le monastère qu’il fondait â Bâle en réparation de sa vie passée.
Nous empruntons au cartulaire de S. Alban un récit contemporain (1090) de cette importante et célèbre fondation: „La ville de Bâle, qui n’est pas la plus petite des villes d’Allemagne, s’est toujours fait remarquer, depuis qu’elle est chrétienne, par l’honnêteté de ses mœurs et sa prospérité matérielle. Ses pasteurs très vigilants et très dévoués ne négligèrent qu’une chose: tandis qu’ils voyaient les villes voisines enrichies de trois ou quatre monastères, ils se contentèrent â Bâle d’une seule congrégation de chanoines.
„ L’évêque Bourcard, homme diligent et expert dans les choses divines et séculières, résolut, dès qu’il eut en mains l’autorité, de réparer cette négligence de ses prédécesseurs. Mais il en fut longtemps empêché par les séditions intestines que le duc Rodolphe souleva si longtemps contre son seigneur, l’empereur Henri. Dans ces temps pleins de troubles, l’évêque défendit fidèlement la cause de son maître l’empereur et combattit courageusement la perfidie de ses ennemis. Une courte notice ne peut faire le récit de toutes ces actions. Mais quand je me tairais, les remparts et les châteaux que l’évêque a élevés ou qu’il a su faire entrer dans le domaine de Sainte-Marie, et les murailles dont il a entouré cette ville pour la défendre des surprises de nuit, suffiront pour attester son habileté dans la guerre.
„ C'est pourquoi, quand Dieu, dans sa clémence, eut délivré le genre humain de ce fléau pestilentiel, et que l’Église bouleversée si longtemps, commença â revenir â son ancien état, l’évêque de Bâle songea à quitter les affaires du siècle pour chercher le repos d’une sainte vie, et du service et de la défense de l’empereur terrestre, il passa au service de son créateur pour gagner le royaume céleste. C’est donc pour la correction de ses négligences, pour le salut des vivants et des morts, que, l’an de la rédemption du Seigneur 1 083, il établit ce couvent en l’honneur du S. Sauveur et de la Bienheureuse Vierge et Mère de Dieu, Marie, et de S. Alban martyr, et pour que le service de Dieu s’y accomplit jour et nuit, il le remit à des moines pour y vivre et y converser. Voulant les mettre au-dessus de tous les besoins du corps, et les consacrer uniquement aux louanges de Dieu, il leur fournit abondamment de ses propres revenus ou de ceux qu’il sut leur procurer, les vivres et les autres choses nécessaires à la vie." De ses revenus, l’évêque de Bâle donna à S. Alban et aux frères qui servent Dieu et S. Alban : Lorrach (dans le grand-duché de Bade) et son église; — les églises de Hauingen, Kandern, du Petit-Bâle, d’Hagendorf (canton de Soleure), de Kems (dans le Sundgau), de Büssesheim, d’Appenweyer, l’église de S. Martin à Bâle, des terres, des moulins, des forêts à Biningen, Rheinweiler, Ambringen, Habseim, Gutzwiler, Westhalten, Uffheim, Ranspach, Michelbach, Oberwyl, Prattelen, Gtelterkinden, Thiirnen, Hcellstein, Mett. L’évêque fondateur donna au monastère deux avoués: Rodolphe
Evêques de Bâle