‹ Histoire des Évêques de BaleChapitre 114 sur 496 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

avertissements apostoliques, l’évêque refuse de quitter le chemin de l’erreur et de renoncer à ses projets cupides. Ensuite il essaye de justifier son entreprise par des arguments fallacieux. Dix jours avant le terme convenu il invita à une réunion à Schaffouse quelques amis, et même l’évêque de Coire, Widon, promettant de faire au sujet de Pfaffers ce que ce prélat trouverait bon. Mais son esprit aveuglé méditait d’autres projets; il cherchait le moyen de faire quitter Rome à l’abbé, avant le jour fixé pour l’audience du pape. . . .

„Sur les promesses de ses amis, il envoie à Rome des lettres pleines d’accusations et de reproches. Après la lecture de ces lettres, le saint concile fut réuni selon l’usage et l’on y cita en même-temps l’abbé avec frère Wicramme et les envoyés de l’évéque de Bâle.

„Sur ces entrefaites, survint à Rome un neveu du seigneur apostolique, qui avait été l’otage du roi Henri. Apprenant de quoi il s’agissait, il se présenta devant le pape et lui tint ce langage: „ S’il vous plaît, je vous ferai connaître à fond le différend qui existe entre l’évêque de Bâle et l’abbé de Pfaffers. Tandis que je servais d’otage pour la république romaine à la cour de roi, j’ai vu l’abbaye de Pfaffers vendue à l’évêque de Bâle pour un certain château nommé Rapoltsten donné en échange; on blâma sévèrement cet acte injuste qui foulait aux pieds la liberté garantie à ce couvent par les chartes royales." A ces paroles, les deux envoyés de l’évêque de Bâle, naguère si arrogants, pâlirent et se troublèrent; rassemblée faisait entendre des accents de réprobation contre une entreprise aussi scélérate. S’adressant à l’abbé qui préparait sa défense, le pape lui dit: „Ne vous tourmentez pas, frère, des accusations de vos ennemis, nous savons qu’ils ne disent pas vrai. Mais vous, dites nous plutôt qui fut le fondateur de votre couvent." Et l'abbé fit l’histoire des origines de Pfaffers, fondé par S. Pirminius, et il produisit au concile onze chartes royales (præceptis regalibus) qui furent soigneusement examinées. Ces titres confirmèrent les paroles de l’abbé; les empereurs s’engageaient toujours à protéger et à sauvegarder le monastère et ses propriétés. A cette production des titres de Pfaffers, les envoyés de l’évêque de Bâle, troublés et interdits, s’excitaient du regard à faire une réponse. Alors le chancelier apostolique les interpelle devant toute l’assemblée: „ Frères, vous avez entendu avec nous avec quelle autorité les diplômes royaux s’accordent avec les paroles de ces frères. Si vous le pouvez, opposez leur les privilèges de votre seigneur et faites les valoir par des raisons solides." Les députés de l’évêque ne répondirent que par des bagatelles. Au milieu de leurs paroles embarrassées, quelqu’un s’écria: „ Frère, ton navire a fait naufrage en pleine mer." Alors le concile, ayant acquis la certitude que Pfaffers a été fondé avec les offrandes des fidèles et défendu par les chartes des rois de toute invasion ennemie, prononça â l’unanimité que ce monastère serait placé â perpétuité sous la protection du siège apostolique. Le seigneur pape confirma cette sentence par des lettres adressées à l’évêque de Bâle, en ces termes: „ Pascal, évêque, serviteur des serviteurs de Dieu, etc. Puisque les rois et les empereurs ont déclaré dans leurs diplômes que l’abbaye de Pfaffers serait libre et qu’il ne serait permis ni â roi ni à empereur de l’aliéner, nous avons décidé, nous et nos frères, que cette abbaye demeurerait dans sa liberté. C’est pourquoi nous vous ordonnons de lui rendre ce que vous lui avez enlevé."

„ Quand l’évêque de Bâle eut l’assurance par les lettres apostoliques et le témoignage de ses envoyés, qu’il n’était permis à personne de troubler la liberté

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