‹ Histoire des Évêques de BaleChapitre 120 sur 496 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

a joint ses prières à celles du prélat de Saint-Biaise et qu’il accorde cette charte pour le remède de son âme et de celles de ses parents. 1

L’évêque de Bâle ne se soumit pas à cette décision suprême, rendue par un tribunal si vénérable. Cette a rouerie d’une abbaye aussi célèbre avait sans doute une grande importance pour Berthold de Neuchâtel puisqu’il continua à soutenir ses prétentions sur Saint-Biaise et à y maintenir son avoué Adelgoze. Il est vrai que peu après le jugement rendu à Strasbourg, Henri Y était mort. L’évêque de Bâle put croire que le nouvel empereur lui serait plus favorable et ferait justice à ses réclamations. La diète se réunit à Mayence pour l’élection du successeur d’Henri Y. Il s’y trouvait 60,000 hommes et avec les légats du saint siège un nombre infini de princes et d’évêques, d’abbés, de prévôts, de clercs, de moines, de ducs, marquis, comtes et autres nobles. Berthold de Neuchâtel accompagnait le duc Frédéric de Souabe. 2 Les membres de la diète convinrent de remettre leurs pouvoirs à dix électeurs dont les suffrages se réunirent sur Lothaire, duc de Saxe, le 30 août 1025. 3 Le nouvel empereur fut bientôt saisi de l’affaire de Saint-Biaise. Etant à Strasbourg au commencement de 1 126, il reçut les plaintes de l’abbé et des religieux de ce monastère, dont Adelgoze revendiquait toujours Yavouerie. La reine Richense, joignit ses instances â celles de l'archevêque de Mayence, des évêques de Spire, de Constance, de Metz et des autres princes présents pour assurer à Saint-Biaise la liberté qu'il réclamait. Lothaire II, par un diplôme dressé à Strasbourg et daté du 2 janvier 1126, confirma le jugement rendu précédemment en faveur de l'abbaye et la déclara entièrement affranchie de l'Eglise de Bâle — modis omnibus a jure Basiliensis ecclesiæ alienatam.4 Pour revêtir cet acte d’une sanction indéniable, Lothaire s'adressa an pape Honorius II pour obtenir de Sa Paternité qu’il fît sentir à l’évêque de Bâle la sévérité de ses censures afin de faire cesser la persécution des moines de Saint-Biaise. 5 L’archevêque de Mayence fit au pape une supplique analogue. „ L’évêque de Bâle, Berthold, usurpe à son profit la liberté garantie à Saint-Biaise par des jugements rendus autrefois et maintenant par des juges ecclésiastiques et séculiers, par des rois et des empereurs. Il opprime les frères religieux de Saint-Biaise. “ 6 L’évêque de Spire joignit ses plaintes à celles du métropolitain de Mayence. Il supplie le pape de ne pas souffrir que le couvent de Saint-Biaise soit envahi plus longtemps par une façon de tyran qui l'écrase et le ruine. Les titres de l’évêque de Bâle et de l’abbé de Saint-Biaise ont été examinés par une assemblée d’évêques et de princes; on a reconnu la validité de ceux de l’abbaye et la caducité de ceux de son adversaire. „Faites en sorte, dit l’évêque de Spire en terminant, que les habitants de Saint-Biaise puissent reposer en paix dans leurs lits et n’aient plus à craindre la morsure des loups insidieux."

Le duc de Bavière lui-même, Henri le Superbe, adressa également une supplique au saint siège pour faire libérer les frères de Saint -Biaise du joug de l'Église de Bâle. 7 Le pape Honorius II fit droit à ces réclamations et le 28 mars 1126, il

1 Hergolt, geneal. diplom. Habsb., t. IL p. 139. = 2 ,,Dux Friderieus, adjuncto sibi episcopo

Basil iensi . . . “ — Narratio de Lotharii electione, ab anon. coævo, apud Reuber. p. 404. — 3 L’art de

vérifier les dates, p. 443. — Michaud, Biog. Univ. t. 25. p. 76. = 4 Hergott, geneal. dipl. Habsb.. (. IL

p. 149. = 8 „ . . . Ut Basiliensis episcopus sic rigidam vestræ districtionis censurant a vobis sentiat ut

deinceps a 1 > oppressione filiorum vestrorum désistât. “ Herbert. Codex diplom. List. Silva? Nigræ.

p. 57. 59. = 0 „ Basiliensis episcopus Bertoldiis sibi usurpât . . . oppressione Basiliensis episcopi.“

Ibid. = 7 , Eosque libéras a jugo Basiliensis Ecclesiæ . . . “ Ibid.

L’EVÈQUE BERTHOLD, MOINE A LUGELLE

signa, avec vingt-sept, cardinaux une bulle qui confirmait solennellement les droits, les propriétés et les privilèges de Saint-Biaise et assurait au couvent le choix de son avoué et son affranchissement plein et entier de l'Église de Bâle. 1 Le pape Innocent II, qui succéda à Honorius II, confirma par une nouvelle bulle, datée de Cluny le 2 novembre 1 130, F affranchissement de l’abbaye de Saint-Biaise de l’avocatie de l'Église de Bâle. 2

Cette fois, Berthold de Neuchâtel dut se soumettre et renoncer à toutes ses prétentions sur Saint-Biaise. Il n’en avait pas moins reçu dans sa ville épiscopale avec tous les honneurs dus à son rang, l’empereur Lothaire II, qui passa à Bâle dans les premiers jours de février 1130. L’archevêque de Besançon et l’évêque de Strasbourg accompagnaient le monarque qui, à la prière de ces trois prélats,

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Armoiries des abbés de Lucelle,

d'après une gravure de l’Épi t. Lucell. publiée en MDCLXVI.

qu’il appelle ses princes, 3 confirma dans cette ville les privilèges de l’église des SS. Félix et Régula à Zurich (6 février 1130).

L’année suivante, Berthold de Neuchâtel alla trouver l’empereur à Strasbourg et en obtint une charte confirmative de la donation faite par Conrad II en 1028, et par Henri IV en 1073, de mines d’argent, sises dans le Brisgau et autres lieux. Le diplôme impérial signé à Strasbourg le 24 juin I 131 par Lothaire II, donne à Berthold de Neuchâtel le titre de Vénérable éréepie de la sainte Ki/lise de Bâle ; l’empereur 1 appelle son cher et fidèle seir/nenr — dilectus et fi d élis noster dominas. — 4

1 Gerbert, Codex diplom. hist. Silva? Nigi'a3, p. 59. = 2 Ibid. p. Cel. = 3 „ Peptione principnm

’iostnn» . . . Bertoldi episcopi Basiliensis . . . “ Schœpflin. Alsatia diplom.. 1. 1. p. 470. = 4 Codex diplom.

Eccl. Basil., p. 97.

Evêques de Bâle

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