CONRAD III, BIENFAITEUR DE L'EGLISE DE BALE
métropolitain et les juifs qui reçurent ensuite le baptême, après les épreuves prescrites par les canons.
La synagogue fut transformée en église, et consacrée au Sauveur du monde. Quant au sang miraculeux qui avait coulé de la croix, on en remplit des ampoules de verre qui furent distribuées en Asie, en Afrique, en Europe par des envoyés, chargés d’annoncer partout les merveilles opérées à Beyrouth. La fête de ce précieux sang fut fixée au 9 novembre de chaque année.
Tel est le récit de ce mémorable événement, attribué à S. Athanase el qui fut lu au second concile de Nicée, le 1er octobre 78(5. Surius, qui a reproduit ce document curieux, assigne l’année 265 comme date de ce miracle. 1
L’évêque de Bâle, en passant à Beyrouth, put vénérer le saint crucifix et, grâce à l’intervention officieuse de l’empereur, il obtint une ampoule pleine du sang miraculeux, vénéré depuis tant de siècles dans cette ville. Arrivé à Bâle, il déposa dans sa cathédrale ce précieux trésor enfermé dans une croix d’un grand prix; puis il ordonna qu’une fête serait célébrée chaque année dans le diocèse de Bâle,
Kaysersberg.
le 19 juin, en l’honneur (le cette insigne relique.2 Un office propre fut inséré dans le bréviaire diocésain, qui relate le souvenir de l’effusion du sang miraculeux à Beyrouth et sa translation à la cathédrale de Bâle en 1 149. Dans le bréviaire de l'évêque Christophe d’Utenheim, cette fête porte le titre de festum venerationis sanguinis miraculosi; l'office est celui de V exaltation de la 8te Croix du 1 4 septembre, à part quelques antiennes et les leçons propres, tirées du récit attribué à S. Athanase, auxquelles est ajoutée la mention de l'évêque Ortlieb, comme suit: „Or, le vénérable pontife Orthleb, évêque de Bâle, poussé par sa piété et la grâce divine, après beaucoup de peines, obtint une portion du précieux trésor de ce sang de Jésus- Christ miraculeusement répandu et le treize des calendes de juillet (19 juin) l'an
1 Suvius, De Sanctorum vitis, 9 novembris, 1618, Col. agripp. p. 234 et suiv. = 2 Aux premières vêpres, se trouve le répons suivant: „ Vere sacra tum sanguinem qui restituit hominem paradiso spoliatum matris Eve per reatum. Nam peremptis mortis esu redit vita morte Jesu. A). A Domino factum est istud et est mirabile in oculis nostris.“ — A Magnificat : „Salvator mundi, salva nos qui per crucem et sanguinem redemisti nos; auxiliare nobis, te deprecamur, Deus noster. — Oraison des premières vêpres: „Deus qui
unigeniti Fiüi tui Domini nostri Jesu Christi pretioso sanguine humanum genus redimere dignatus es, concédé propitius ut qui ad orandam vivificam ejùs crucem adveniunt, a peccatorum suorum nexibus liberentur. . . “ — Oraison des Laudes: „ Domine Jesu Christe. qui pro nobis in cruce moriens, in tui dulcissimi lateris aperitione redemptionis nostre pretium perfudisti, pro tui nominis gratia, da nobis in eodem sanguine spern nostram ponere, et de ejus semper refectione florereU Brev. Basil, pars æstiv. ad 19 Juini.