‹ Histoire des Évêques de BaleChapitre 18 sur 496 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

culte de ses diocésains. Grâce aux soins d’un pieux abbé, qui se chargea de ce précieux fardeau, la tête de S. Pantale fut apportée à Bâle et reçue avec un grand respect par l’évêque Henri de Neuchâtel. C’est l’annaliste des dominicains1 de Colmar qui rapporte ce fait. 1 Conservé comme une des reliques insignes de la ville de Bâle, placé dans un buste d’argent, exposé à la vénération des fidèles, le chef de S. Pantale fut à l’époque de la réforme enfoui, avec les autres pièces précieuses du trésor, dans les caveaux de la cathédrale. Lorsqu’en 1832 on ouvrit cette retraite cachée, où, depuis trois siècles, ces objets étaient conservés, les vases sacrés, les reliquaires de prix furent vendus et passèrent dans les collections de riches amateurs. La tête de S. Pantale, enlevée au buste chargent qui la renfermait, passa avec beaucoup d’autres reliques au monastère voisin de Mariastein où il a été placé avec honneur sur un autel latéral de l’église abbatiale. Depuis cette translation solennelle, la cathédrale de Bâle célébra chaque année le 4 des ides d’octobre (12 octobre) la mémoire de S. Pantale, évêque de Bâle. La fête de ce saint martyr resta fixée à ce jour dans tout le diocèse de Bâle.

On a objecté contre l’authenticité de l’inscription funéraire découverte à Cologne en 1157, qu’elle avait dû être l’œuvre de faussaires connus et découverts par l’abbé Gerlac de Deutz. Nous ne savons ce que vaut cette accusation portée contre les ouvriers de Cologne,2 mais ce qui est certain, c’est que les annales de l’abbé Frovin, écrites au XIIe siècle et conservées encore aujourd’hui à Engelberg, portent qu’en 453 les onze mille vierges furent martyrisées par Attila, roi des Huns, et que S. Pantliilus, évêque de Bâle, conduisit à Rome les vierges saintes; de lâ il parvint à Cologne et reçut le martyre avec elles."3 Les Bollandistes anciens et nouveaux ont discuté le pour et le contre de la légende de S. Pantale. 4 Sans trancher la question, pleine pour eux d’obscurités, ils en renvoient la solution aux Bâlois. Videant Basileenses. Les Bàlois sont en possession d’un culte plusieurs fois séculaire, approuvé par les plus hautes autorités, qui n’a pu s’établir et demeurer sans raison et qui subsiste, malgré toutes les attaques dont il a été l’objet. La vieille cathédrale de Bâle célébrait la fête de S. Pantale, gardait sa tête avec respect et avec la mère-église, toutes les églises du diocèse lui rendaient le même culte. Une paroisse, celle d’Eteimbes l’avait pour patron; le grand évêque Christophe de Blarer le plaçait avec S. Henri au nombre de ses protecteurs particuliers et l’honorait aussi comme patron de son diocèse. Tous

1 „Ca,put Sa net i Pantali, episcopi Basil iensis, qui cum Sancta Ursula et social il tus Coloniæ fuit

decollatus, a viro provido atque discreto abbate ... in Basileam delatum, ab Henrico episcopo Basiliensi

receptum est cum magna reverentia/1 Annales des dominicains d£ Colmar, édition de Colmar 1854, p. 33.

Le nécrologe de la cathédrale de Bàle porte au 12 octobre-: ,,1111 idus octobris. Allatio capitis S. Pantali Basiliensis episcopi. “ (Archives de Bâle). = 2 L’abbé Gerlac, ayant des craintes sur l’authenticité des inscriptions funéraires qui pouvaient avoir été falsifiées ou inventées par les ouvriers, pour donner plus de valeur à leurs découvertes, consulta l’abbesse de Schœgnau qui avait alors une grande réputation de sainteté. Elle lui donna sur chacun des tombeaux découverts et en particulier sur celui de S. Pantale des explications qui le rassurèrent. = 3 Annales Frovini abb. à la bibliothèque d’Engelberg. = 4 Dans le tome VI du mois d’octobre (acta SS.) le bénédictin Berthold consacre une longue dissertation à la défense de S. Pantale. Il trouve les arguments de ses adversaires insuffisants pour rejeter ce saint du catalogue des évêques de Bâle. Il réfute avec succès le fameux Schœpflin qui dans son Alsatia Illustr. t. I. p. 339 et suiv. repousse impitoyablement S. Pantale. Au 21 d’octobre, t. IX, les nouveaux Bollandistes rejettent absolument la valeur des révélations de St° Elisabeth de Schœgnau. Les ouvriers, chargés des fouilles en 1 156, auraient falsifié les inscriptions funéraires. Cependant, ils ne prétendent pas nier qu’un évêque de Bâle ne se soit joint à SP Ursule, revenant de Rome, ce qui paraît- très vraisemblable, et qu’il n’ait cherché à Cologne un refuge contre les Huns. (Ibid. p. 246.) En tout cas, ils croient que <8. Pantale a été martyrisé avec St" Ursule (pag. 258).

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