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CHAPITRE XIV

Henri de Thoune n’avait pas oublié, sur le trône épiscopal le pays qui l’avait vu naître et où il avait le château de ses aïeux. Il possédait par droit d’héritage le patronage de l’église de Sigriswyl au-dessus du lac de Thoune, avec la moitié des dîmes qui en dépendaient. Par un acte solennel, en présence du comte de Bucheck, landgrave de ce pays, il fit don de ce patronage et de ces dîmes à l’église d’Interlaken. Dans la charte épiscopale du 3 avril 1226, l'évêque de Bâle rappelle qu’il est de Thoune; — Henricus dictus de Tuno, — que le bien fait durant la vie persévère, que les mains des pauvres du Christ en ont le dépôt, et que par ses aumônes l’homme thésaurise au ciel. Il fait cette donation à l’église d’Interlaken pour le remède de son âme et de ses parents. 1

A Bâle, Henri de Thoune régularisa le service paroissial des églises de Saint-Léonard et de Saint-Pierre. Jusque-là les limites des deux paroisses n’avaient pas été fixées et il y avait confusion et parfois conflit entre les deux églises. L’évêque par un acte du 18 septembre 1230, assigna à chacune son territoire. Si quelque ministériel ou quelque membre de sa famille, demeurant sur la paroisse de Saint-Pierre, choisissait sa sépulture à Saint-Léonard, le curé de Saint-Pierre ou son vicaire devait administrer le mourant, puis faire le service funèbre à Saint-Pierre, et conduire le défunt à Saint-Léonard. Il avait droit à toutes les offrandes faites dans les deux églises. Si l’offrande était faite à l’église de Saint-Léonard et non à celle de Saint-Pierre, elle devait être partagée entre les deux églises. Mais si elle était donnée à Saint-Pierre, à l’exclusion de Saint- Léonard, l’église de Saint-Pierre y avait seule droit, à cause de son privilège de mère-église. L’ordonnance épiscopale observe que ces deux paroisses ne s’étendaient pas au-delà de la rivière de la Bersieh qui formait une limite naturelle. Le pape Grégoire IX ratifia la délimitation faite par Henri de Thoune (6 mai et 18 juillet 1231). 2 L'église Saint-Pierre de Bâle avait alors pour curé le doyen du chapitre cathédral, Conrad; le patronage de cette église appartenait au prévôt de la cathédrale. Les revenus de Saint-Pierre étaient considérables à cette époque : aussi l’évêque de Bâle les trouva-t-il suffisants pour l’entretien d’un chapitre. Par un acte de sa suprême autorité du 15 août 1233, avec l’avis et le consentement des chanoines de sa cathédrale, du curé et du prévôt collateur, il convertit en collégiale l’église de Saint-Pierre de Bâle sise au-dessous des murs de la ville, et y institua un chapitre à l’honneur, à la louange et à la gloire du Dieu Tout-Puissant, des bienheureux apôtres Pierre et Paul, et de tous les Saints. La sollicitude pastorale de l’évêque de Bâle s’étendit à l’organisation complète de la nouvelle collégiale; il fixa les attributions des dignitaires du chapitre, les revenus des chanoines. Le custode devait être à la nomination du prévôt de la cathédrale et recevoir de l’évêque charge d’âmes: il avait droit au tiers de tous les revenus et offrandes de l’église. Le reste revenait aux chanoines qui avaient encore droit à douze deniers que le custode leur devait pour leur réfection aux fêtes de S. Pierre, de S. Paul, le jour de la Dédicace, à Noël, à l’Épiphanie et à Pâques. Le custode devait encore fournir deux cierges pour vêpres, et, pour la messe, ce qui était convenable, comme aussi la lumière nécessaire aux lecteurs et aux chantres à matines. Les offrandes en cire, encens et myrrhe appartenaient au custode. Tout le chapitre de Saint-Pierre, avec son prévôt, devaient se rendre à la cathédrale et y

1 Trouillat, t. II. p. 41. = 2 Cartulaire de Saint-Léonard à Bâle, fol. 26 et 111.

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