‹ Histoire des Évêques de BaleChapitre 19 sur 496 · S. PANTALE, PREMIER ÉVÊQUE DE RALE · texte numérisé non relu

S. PANTALE, PREMIER ÉVÊQUE DE RALE

les évêques de Bâle ont suivi cet exemple. On ne peut concevoir huit siècles d’un culte permanent et public, sans qu’il y ait des raisons graves, majeures qui militent en sa faveur. Donc, en attendant d’autres documents qui peuvent exister et venger notre saint évêque, la tradition constante et le culte non interrompu suffiront pour nous faire maintenir parmi les évêques de la Rauracie, et comme le premier connu ayant résidé à Bâle dont il porte le titre, S. Pantale, martyrisé à Cologne vers 451, avec SU Ursule et ses compagnes.

On a cru longtemps que le martyre de Ste Ursule avait eu lieu sous l’empereur Maximien en 238; les anciennes légendes portaient cette date. A cette époque, Bàle n’était pas encore une ville, et l’évêque des Rauraques demeurait toujours à Augusta. S. Pantale ne pouvait donc pas avoir reçu à Bàle les vierges de Cologne, et le titre d’évêque de Bàle était évidemment supposé. Mais les travaux de la critique moderne, et en particulier les recherches savantes des nouveaux Bollandistes, ont rétabli les dates et les événements à leur juste valeur. Le R. P. de Buck a prouvé par des preuves irréfragables que le martyre de Ste Ursule par les Huns avait eu lieu vers 451. 1 A cette époque, Bàle était une ville importante, civitas Basïliensium, et l’évêque d’ Augusta y était établi avec le titre de la nouvelle ville. On a montré jusqu’à nos jours à Bàle l’escalier que Ste Ursule avait monté et qui semblait attester son passage en cette ville. 2 Les Bollandistes admettent le passage de Ste Ursule à Bàle, mais rien ne prouve qu’elle y ait rencontré S. Pantale. Chrétienne et prête au martyre, l’illustre princesse a dû chercher à Bàle le pontife qui y avait son siège. Cet évêque s’attacha à cette compagnie des vierges et des saintes. Il les suivit à Cologne où il trouva une mort glorieuse. La tradition et la découverte des tombes de 1 156 l’appellent Pantale. Tout cela n’a rien qui répugne aux données de l’histoire, et les vieilles objections, provenant d’une fausse date, tombent d’elles mêmes devant la chronologie moderne, appuyée sur les monuments les plus certains de l’épigraphie et de l’histoire contemporaine.

Le passage d’Attila et de ses hordes barbares fut pour la Rauracie un immense désastre. Le pillage, la destruction et la mort marquèrent tous les pas de ces barbares. Bàle fut la proie de ces troupes sauvages. Le Rhin, traversé en 451, fut le témoin de ces désastres qui signalèrent également la fuite d’Attila battu dans les champs catalauniques par Aétius et les rois des Francs et des Wisigoths. Les villes et les forts, qui se trouvèrent sur le chemin des Huns, furent mis à feu et à sang, au rapport du Vénérable Bède et de Grégoire de Tours. Augusta Ptauracorum disparut pour toujours et Bàle, ruinée par les barbares, ne dut qu’à sa position exceptionnelle sur le Rhin sa réédification et son maintien parmi les villes des bords de ce fleuve. Dans ce cataclysme, on conçoit que les documents historiques aient péri, et que la mémoire des évêques de Bâle ait disparu avec les monuments de leur cité épiscopale.3

Après S. Pantale, mort à Cologne, victime des Huns, qui saccagèrent et ruinèrent la Rauracie, Bàle et son diocèse, il n’est pas étonnant que la série des évêques reste interrompue. Dans cet immense effondrement de toutes choses, on ignore si le troupeau fidèle des chrétiens rauraques put se donner un pasteur ou, s il en eut un, quel nom il porta dans les diptyques de l’Église. Deux siècles

1 Acta SS., t. IX au 21 jour d’octobre. = 2 Sudan, Basilea sacra, p. 16. = 3' Grégoire de Tours,

hist., 1. II. c. 7. — Procopius, 1. IV. c. 5. — Y. Béda, hist. eccl., 1. 1. c. XIII. — Sid. Apoll., carm. VII. — etc.

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