LE CHEF DE SAINTE URSULE A LA CATHEDRALE DE RALE
donnèrent leur consentement à la donation épiscopale. 1 L’archevêque de Besançon ne se contenta pas d’approuver l’érection de la chapelle de Soultz faite par les bénédictins du Lieu-Croissant; il accorda aussi de son côté une indulgence de quarante jours à tous ceux qui contribueraient à cette œuvre pie. Il autorisa les pénitents qui, pour l’expiation de leurs crimes, parcourent les lieux saints et les églises, à demi- nus et sans chaussures, à pénétrer vêtus et chaussés dans la chapelle de Soultz, durant la semaine de Pâques, pour y entendre la messe, et y obtenir la rémission d’une partie de leur pénitence (1254). 2 Le cardinal Pierre, légat apostolique à Constance, accorda de même une indulgence de quarante jours (30 mars 1255). 3 Peu après la consécration de la chapelle de Soultz, l’évêque de Bâle autorisa les religieux du Lieu-Croissant à y ensevelir tous ceux qui en feraient la demande (mars 1255). 4 Le cardinal légat confirma cette autorisation (30 mars
1255) . Les droits du curé de Soultz furent réglés par une transaction qui lui assura une rente de sept sols hâlois à payer par les moines du Lieu-Croissant. Bertholde de Ferrette ratifia cet accord. 5
Le vénérable prélat venait de recevoir dans sa cathédrale un don précieux de reliques que le chapitre de Cologne envoyait à l’insigne basilique. L’archidiacre de cette ville, Ctosvin avait obtenu du couvent des saints Machabées, qui gardait le lieu du martyre des onze mille vierges, une tète entière, deux bras et d’autres reliques de ces illustres saintes, que maitre Henri de Bâle, chanoine de Cologne, s’était chargé de porter à Bâle et de déposer dans la cathédrale et dans les églises conventuelles de cette ville (20 décembre 1254). 6 Le chanoine, porteur de ce précieux trésor, fut reçu avec la plus grande joie par l’évêque et le clergé de Bâle; In tête de Ste Ursule, comme disent les vieux inventaires de la cathédrale, fut placée dans un buste en argent, couvert de pierreries, qui fut conservé dans le trésor de l'église de Bâle jusqu’à la Réforme, puis enfoui dans les caveaux de la cathédrale et enfin vendu en 1832, lors de la séparation de Bâle-Ville et de Bâle-Campagne. Le chef de Ste Ursule, avec beaucoup d’autres reliques, fut remis en 1835, aux religieux de Notre-Dame de la Pierre qui l’ont déposé dans leur église abbatiale, sur l’autel de Notre-Dame du Saint-Scapulaire. 7
Bertholde de Ferrette portait à sa cathédrale une sollicitude dont nos archives ont gardé des preuves signalées. Dans un acte du 18 janvier 1256, il dit: „ Quoique nous devions, en vertu de notre charge, avoir souci de toutes les églises de notre diocèse, nous sommes cependant tenu de vouer une sollicitude particulière à celle où nous avons, quoique indigne, par une disposition divine, notre siège épiscopal. Or, ajoute-t-il. les prêtres attachés aux autels de la grande église de Bâle et aux chapelles voisines, ont toujours et de temps immémorial, administré les sacrements aux paroissiens compris au-dessous des murs de la ville de Bâle. On n’en excepte que les paroissiens de Saint-Léonard, de Saint-Pierre et de Saint- Martin. Considérant que ces prêtres célèbrent jour et nuit l’office divin dans le chœur hâlois, en l’honneur de la Glorieuse Vierge, l’évêque leur confirme ces pouvoirs, malgré les privilèges contraires qui auraient pu être accordés au monastère de Saint- Alban, et qu’il révoque comme préjudiciables à l’Église de Bâle (18 janvier
1256) .s Saint- Alban réclama contre cette décision de l’évêque. On remit l’affaire
1 Trouillat, 1. 1. p. 605. = 2 Ibid., p. 254. = 3 Ibid., p. 621. = 4 Ibid., p. 618. = 8 Ibid., p. 632, 633. =
6 Ibid., p. 615. = 7 Inventaire des reliques de Notre-Dame de la Pierre, p. 3. = 8 Cart. de S. Alban, fol. 85.