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CHAPITRE II

se passent ainsi et depuis 451, année probable du martyre de S. Pantale, l’histoire est muette sur les noms et les gestes des évêques de Bâle jusqu’en 511, où l’on croit retrouver à Orléans la trace d’un de ces prélats.

Deux conciles furent tenus à Orléans, à vingt années de distance. L’un en 511 (10 juillet), l’autre en 533. Au premier, figure Adelphius, évêque des Rauraques ; au second, l’évêque des Rauraques est remplacé par le prêtre Asclepius. 1 On croyait retrouver à ces saintes assemblées, un successeur de Justinien, portant l’ancien titre qui avait déjà paru aux conciles de Sardique et de Cologne. Mais la critique historique est venue renverser du siège de Bâle, où les vieux historiens l’avaient placé, l’évêque Adelphius, qui occupait le 3e rang sur le catalogue de nos évêques. On a compulsé de nombreux manuscrits des conciles d’Orléans; ceux de Pithæus, de Beauvais, de Rheims, de Corvei, utilisés par Sirmond portent: Adelphius, ecclesiæ Pictavorum episeopus. Le codex allemand et celui du Vatican donnés par les Bollandistes ont: „Ex civitate Pictavio Ad. ep.“ L’apographe de Pithæus, le royal de Paris rapportent: „Ad. de civitate Ratiatica, de Ratiate, eccl. Ratiatica ou de Rotiate, Riatensis. “ Mgr Hefelé, le nouveau Galba Christiana, Rettherg, Trouillat, Friedrich, Gelpke, Lecointe, Hottinger, Schœpflin ont accepté le texte ainsi rectifié et Adelphius n’est plus qu’un évêque de l’ancienne Ratiatum ou Retz où était autrefois le siège épiscopal des Piétons transféré à Poitiers. Les copistes ont pu facilement confondre Ratiatum avec Rauracum, puisque l’itinéraire d’Antonin appelle Ratiatum Rauranum. Appuyés sur ces textes, les historiens modernes rejettent Adelphius du catalogue des évêques de Bâle.

Voulant vider cette question si importante pour l’histoire des évêques de Bâle, nous avons eu recours, par l’entremise bienveillante de Mgr Lâchât, à l’illustre cardinal Pie, évêque de Poitiers, qui chargea le savant historien de son diocèse, Dom Ghamard, bénédictin de Ligugé, de nous donner les renseignements désirés sur Adelphius. Voici la lettre du docte religieux qui met fin à d’anciens débats et exclut à tout jamais Adelphius de la liste des évêques de Bâle.

„ Ligugé, 4 janvier 1879. ... Les prétentions du diocèse de Bâle à réclamer

Adelphius pour évêque sont assez récentes. Le P. Labbe les a fait naître, et un article du P. Berthold, bénédictin flamand qui aida les Bollandistes pendant la tourmente révolutionnaire (Boll. Acta SS., t. VI. oct. p. 78), leur donna une certaine autorité. Mais tous les savants (pii ont traité cette question d’une manière impartiale, comme l’abbé Belley de l’Académie des Inscriptions et Belles Lettres, dans sa dissertation sur le pagus Batiatensis (Mém. de l’Acad. des Inscr. et Belles Lettres, t. XIX. p. 722 — 731), et de nos jours M. Longnon, dans son très érudit ouvrage couronné l’an dernier du prixGobert et intitulé: Géographie delà Gaule au VIe siècle, gr. in 8° de 600 pages, sont d’un avis opposé. Ce dernier, p. 76 et 77, réfute savamment et explicitement l’opinion contraire à nos traditions. Voyez aussi p.87 — 88 du même ouvrage. Je ne parle que des écrivains étrangers au Poitou, car les Poitevins sont unanimes à réclamer Adelphius. Si le P. Berthold a émis, dans la collection des Bollandistes, l’opinion favorable à Bâle, on peut dire que les vrais Bollandistes ont enseigné cinquante fois le contraire, toutes les fois que l’occasion s’en est présentée, comme à propos de S. Fridolin, etc. En effet, non

1 Labbe, Goncil., t.. IV. p. 140!) et. 1783. — Adrien de Vnllois in not. Gall., p. 104. — Hertius in not. pop. Vet. Germ., p. 3. c. 6. — Sudan, Basilea sacra, p. 33. — Tschudi. Urstisius. — etc.

Ste Ursule, d’après un bois du XVe siècle, de notre collection.

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