LE COMTE RODOLPHE DE HABSBOURG A BALE
pas du parti de Frédéric II et de Conrad, son fils. Assisté de plusieurs nobles de la contrée et de complices appartenant aux diocèses de Bâle et de Constance, le comte de Habsbourg avait envahi pendant la nuit le couvent des Madelonettes, près de Bàle, l’avait dévasté et incendié, au grand préjudice des pauvres religieuses qui portèrent plainte à Rome. Le pape Innocent IY ordonna à l’évêque de Bàle, par une bulle d’Agnani du 18 août 1254, d’excommunier le comte de Habsbourg et ses complices. Ils devaient être retranchés de l’assemblée des fidèles et leurs terres mises en interdit, jusqu’à complète réparation du dommage commis; ils devaient en outre aller solliciter leur pardon du siège apostolique, avec des lettres testimoniales de l’évêque de Bâle. 1 L’histoire ne dit point quand et à quelles conditions, Rodolphe de Habsbourg se réconcilia avec l’Église, mais nous venons de voir qu'en 1258. le noble comte était parmi les amis de l’évêque dé Bàle. Il
Sceau du comte Rodolphe de Habsbourg.
y avait eu avant cette époque réparation et réconciliation. Quant au couvent des pénitentes de Sainte-Madeleine qu’on appelait aussi ad Lapides, parce qu’il s’élevait sur les bords du Birsig, dont le lit torrentiel était un amas de pierres, il resta en rames jusqu’en 1275. A cette époque le vice-custode de la cathédrale, Arnold de Blotzheim, fit relever les bâtiments et dota richement le monastère dont il fut regardé comme le fondateur depuis l’incendie. Mort en 1284, il fut enterré devant le maître-autel des Madelonettes. Vers 1300, le couvent passa entre les mains des dominicains, sous le priorat de Thuringe de Ramstein. Le tremblement de terre de 1356 renversa de nouveau le monastère des Madelonettes, qui le rétablirent aussitôt. En 1423, elles durent se soumettre à une réforme qui était devenue nécessaire : treize religieuses furent appelées de Schonensteinbach en Alsace et sous la conduite de Marguerite d’Ostren, leur prieure, firent des Madelonettes un monastère régulier et édifiant. 2
Tschudi. Chronicon Helveticum, p. 150. = 2 IJrstisii Epit. Basil., p. 134.