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CHAPITRE II

seulement toutes nos anciennes listes épiscopales, publiéés jusqu’ici et celles encore inédites que j’ai découvertes à la Bibliothèque nationale de Paris, mais encore tous les plus anciens manuscrits de la collection des Conciles portent Ratiati ou Pictavorum. Il faut citer surtout le MSS 12097 du Fonds latin de la Bibliothèque nationale provenant de l’abbaye de Gorbie, écrit en 550 et par conséquent contemporain, d’autant que c’est une copie d’un manuscrit plus ancien. Le savant P. Sinnond, qui le premier a découvert ce précieux manuscrit, confirmé par tous ceux qui sont jugés de meilleure source, n’a pas hésité en conséquence à nous assurer la possession d’Adelphius et tous les collecteurs des conciles ont depuis confirmé son sentiment. En effet, quand on étudie de près, avec M. Longnon, cité plus haut, le but et les membres du premier concile d’Orléans en 511, on arrive à se convaincre que Clovis a voulu réunir les évêques des provinces conquises sur les Wisigoths avec les principaux représentants de la France Neustrienne, dont il s’était emparé par le meurtre des rois Francs, ses parents. Il n’y a pas un seul évêque de la France Austrasienne. Ce sont les évêques de Bordeaux, de Bourges, de Tours, Rouen, Saintes, Périgueux, Cahors, Rodez, Clermont, Bazas, Auch, Angoulème ( Adelphius de Poitiers ou de Ratiate), Paris, le Mans, Soissons, Avranches, Nantes, Angers, Troyes, Oxoniensis , (vers S. Brieux), Vannes, Rennes, Amiens, Varomandensis (transféré àNoyon), Evreux, Coutances, Sentis, Orléans, Auxerre et Chartres. Où est la place d'un évêque de Bàle parmi ces évêques?

„R.este à parler de la forme de souscription epus de Ratiate. On peut en donner plusieurs explications que l’on peut voir dans Belley (loco citato) ; mais, quoi qu’il en soit, elle n’est pas plus extraordinaire que celle de S. Lô, évêque de Coutances, qui signe au cinquième concile d’Orléans (549) avec ce titre: episcopus Brioverensis ; et, en ce même premier concile d’Orléans de l’an 511, son prédécesseur S. Léontien avait également signé d’après les meilleurs MSS: epus de Brimera , castrum du diocèse de Coutances, qui a changé son vieux nom en celui de S. Lô. Estradius, évêque de Carpentras, signe au concile de Paris de 573: epus Venduscens i s (Vendusque) etc., etc.

„Du reste, il faut bien que l’habitude de transférer plus ou moins temporairement les sièges épiscopaux fût assez ancienne, puisque le cinquième concile de Carthage promulga le canon suivant, plusieurs fois confirmé dans les conciles suivants d’Afrique: (MansiConcil., t. III. col. 775, 969 ; t. VIII, c. 644.) „Placuit ut nemini sit facilitas, relicta principaU cathedra , ad aliquam ecclesiam in diœcesi constitutam se conferre, vel in re propria (in villa episcopo propria) diutius quam oportet constitutam, curam vel frequentationem propriæ cathedræ negligere “ . . .

En transmettant cette lettre à Mgr Lâchât, le cardinal de Poitiers revendiquait à son tour Adelphius pour son prédécesseur. „I1 paraît qu'on ne peut nous le disputer. Son séjour sur un point du diocèse, alors que les Wisigoths occupaient la ville, et la qualification qu’il a prise, comme plusieurs autres évêques de ce temps exilés de leurs cités épiscopales, laissent son nom debout dans nos catalogues et il n'y a pas heu de nous le contester. “ (Lettre du 6 janvier 1879.)

L’invasion des barbares dans les Gaules est comparée, par les historiens contemporains, à l’Océan débordant ses rives et portant ses eaux impétueuses à travers les contrées qu’il couvre de ses flots. Sous l'action dévastatrice de ce torrent, la Rauracie perdit ses villes, ses monuments, ses habitants mêmes; le christianisme.

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