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CHAPITRE XVI

l’interdit dont il les avait relevés. — Mulhouse interjette appel auprès du saint siège, qui nomme des arbitres pour examiner l’affaire. La victoire resta à l’évèque de Strasbourg, qui reçut de l’évêque de Bâle agissant au nom du pape, la faculté de réduire Mulhouse à l’obéissance par le bras séculier. Les deux évêques essayèrent en effet de prendre par la force la ville récalcitrante. Mulhouse se défendit énergiquement et fut délivrée par Rodolphe de Habsbourg, appelé à l’empire (1273). 1

Durant ces débats, nous trouvons Henri de Neuchâtel, occupé d’autre part d’accroître les biens et les propriétés de son église et des monastères qu’il patronne. En 1264 (11 décembre) il entre en possession du château d’Erguel, et des fiefs que le chevalier Othon d’Erguel tenait dans la vallée de Saint-Imier, de l’Église de Bâle. En échange l’évêque lui donne en fief le quart des dîmes près de Râdersdorf. 2 L’année suivante, Henri de Neuchâtel cède à son chapitre le droit de patronage de l’église de Laufon qui lui appartenait et reçoit en retour celui de l’église de Saint-Théodore au Petit-Bâle (30 avril 1265). 3 La même année, Louis, comte de Frobourg, se reconnaît vassal de l’Église de Bâle pour les châteaux d’Olten et de Waldenbourg (3 novembre 1265). 4

Un couvent attire surtout la sollicitude de l’évêque de Bâle, c’est celui de Saint-Jean de Cerlier. En ratifiant une amodiation de certains biens faite par le prévôt de cette abbaye, Henri de Neuchâtel écrit la belle page que nous traduisons textuellement : „Nous Henri par la grâce de Dieu, évêque de Bâle, nous faisons savoir aux lecteurs des présentes, que Notre-Seigneur Jésus Christ, ayant élevé notre bassesse à la dignité de l'épiscopat et nous ayant choisi pour son chapelain, et pour le chapelain de sa sainte Mère, la Vierge Marie, nous sommes tenu par notre office et à juste titre, de prêter le bouclier de notre protection, selon nos forces, aux monastères, aux églises, aux personnes ecclésiastiques et de faire prospérer leurs affaires en tout et partout, avec le secours de Dieu. Mais entre tous, nous devons défendre de toutes nos forces le monastère de Cerlier, du diocèse de Lausanne, où nos ancêtres ont reçu la sépulture ecclésiastique et reposent dans le Seigneur. Nous devons nous opposer à ceux qui lui portent injure et maintenir et augmenter avec l’aicle de Dieu, tous les biens qui lui appartiennent." Suivent les dispositions prises par le prélat pour assurer la bonne amodiation de certains biens de l’abbaye sis à Anet, à Chules et â Siselen (juillet 1265). 5 Pour un homme sans lettres, au témoignage du chroniqueur des dominicains de Colmar, il faut convenir que l’évêque Henri de Neuchâtel pensait noblement et écrivait avec quelque littérature, selon le style du temps.

Un autre monastère fut à cette époque l’objet de la bienveillance de l’évêque de Bâle. L’abbaye de Munster en Alsace avait été appauvrie par le pillage et l’incendie et pouvait à peine subvenir à l’entretien de ses religieux. Déjà Bertholde de Ferrette avait adressé au pape Alexandre IV, le 14 octobre 1260, une supplique pour annexer à Munster l’église de S. Léger au dit lieu. Le souverain pontife avait accordé cette grâce et avait chargé le prévôt de l’église de Colmar de mettre

1 Voir les pièces justificatives dans le tome V* des Monuments de T rouillât et Vautrey, p. 145 et suiv..

communiquées par l’archiviste du Bas-Rhin. Louis Spach, à la Société pour la conservation des monu-

ments historiques d’Alsace, en 1864. = 2 Codex dipl. ecch Bas., fol. 93. = 3 Aux archives du château

de Porrentruy. Cet acte porte encore le scel de l’évêque Henri de Neuchâtel, suspendu par un cordon

de soie rouge. Le scel porte: f S:\Henrici: Dei: gra: Basilien : episcopi: Au centre l’évêque avec la mitre, assis sur un siège, tenant la crosse de la main gauche et bénissant de la droite. = 4 Codex dipl. eccl. Basil., fol. 73. — 5 De l’original aux archives de Berne.

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