S. RODOLPHE,. MARTYR, A BERNE
épouvanté se cacha sous les habits d’un mendiant et sortit furtivement de la ville, précédé ou suivi de quatre de ses affidés et se dirigea vers quelqu’une des places fortes de l’évêque de Strasbourg. Il connaissait parfaitement les chemins et avait le bourg d’Eguisheim devant lui. 11 errait encore à la troisième heure par les bois et les sentiers détournés, lorsqu’il rencontra une femme qui signala sa présence à deux hommes. Ils s’emparèrent de lui pour le livrer au roi. Mais des soldats de l’évêque de Bàle le leur arrachèrent des mains et le conduisirent au château de Schwartzenhourg. 1 Pendant que ces deux hommes "se rendaient auprès du roi, ils en rencontrèrent un troisième auquel ils racontèrent leur aventure. Celui-ci s’empressa d’en informer le roi, qui lui donna un cheval pour récompense. Les deux autres s’étant présentés devant le roi, celui-ci leur fit donner par son trésorier les cent livres promises.
„ Le roi réclama le schultheiss à l’évêque de Bàle. L’évêque refusa de le livrer par crainte d'irrégularité. Alors le roi promit que Pâme du schultheiss ne serait pas séparée de sou corps. Le roi remit le schullheiss aux mains des bourreaux et commanda qu’il fût attaché sur une roue qu’on élèverait sur une poutre, et qu’il fut ainsi promené dans les villes et les châteaux pour être donné en spectacle à tout le monde; chaque soir, il devait être descendu de la roue et conduit dans un cachot, car les souffrances de la roue exigeaient ce soulagement. Ses gardiens l’accablèrent d’outrages sans nombre, ne lui permettant pas même de s’abreuver à leurs gobelets.
Le roi, ayant envoyé un char à deux chevaux pour qu’on lui amenât le schultheiss, ses gardiens placèrent sur le char les vêtements du schultheiss et la roue et le contraignirent à suivre en courant le char auquel il était attaché. Ils lui lièrent la main à un poteau, dans l’attitude du serment pour faire entendre qu’il s’était souvent parjuré. Le roi retourna avec ses troupes devant Guemar. Le seigneur de Rappolstein, ainsi que les autres prisonniers furent transportés à Brisach, et de là au château cl’Acheln, en Souabe ..." 2
Pendant qu’il était au camp impérial devant Colmar, l’évêque Henri Reich fut témoin le 22 octobre I 293, d’une déclaration faite par Othon, comte de Bourgogne, à l’empereur Adolphe de Nassau. 3 II assista également le lendemain à la prestation du serment de fidélité fait par le comte à l’empereur et à l’investiture donnée par le roi à Othon des fiefs de l’empire. 4
1 Le château de Schwartzenhourg, construit en 1261 sur la montagne qui sépare Soultzbach de
Munster, passa quelques années après sous la domination de l’évêque de Bàle. = 2 Chronique des dominicains de Colmar, p.318 et suiv. — Chronique d’Albert de Strasboui’g ad 1293. — Chronique de
Closener. = 3 Duvernoy, Mouvances du comté de Bourgogne, p. 99. = 4 Chevalier, histoire de Poligny,