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L’ÉVÊQUE DE BALE A AVIGNON

terre, de conclure un traité de paix avec le roi de France. 1 Gérard de Vuippens fut élu évêque de Lausanne, après la mort de Guillaume de Champ vent, en 1302. Il obtint l’investiture des droits régaliens de l’empereur Albert Ier le 28 décembre de la même année. 2 En 1309 il fut transféré par Clément Y au siège de Bâle, vacant par la mort d'Othon de Grandson, dont il était neveu par sa mère Agnès, sœur de l’évêque. 3

Nous le trouvons le 1er mai 1310, à la cour de l’empereur Henri YII qui se tient à Zurich. Il figure comme témoin dans l’acte par lequel le monarque restitue à l’abbé et au couvent de Saint-Gall, le bourg de Wyl en Thurgovie. Les évêques de Constance, de Coire, d’Eichstædt, l’abbé de Reichenau entouraient également l’empereur, dans le couvent des frères mineurs où le diplôme impérial fut dressé.4 Henri VII avait trois mois auparavant souscrit à une convention pour le maintien de la paix publique dans le territoire compris entre le Seltzbach et la Birse et entre le Rhin et les Vosges, soit dans les évêchés de Bâle et de Strasbourg. Cet accord fut conclu pour cinq ans le 4 février 1310 entre l’empereur, les évêques de Bâle et de Strasbourg, les landgraves de la haute et de la basse Alsace et les bourgeois de Strasbourg et de Bâle. Ces derniers et leur évêque ne devaient prêter leur secours que depuis la Birse jusqu’à la Zorn (affluent du Rhin en Alsace). 5 *

Gérard de Vuippens suivit l’empereur dans son expédition en Italie. Henri VII était arrivé avec ses troupes à Colmar où son frère Baudoin, l’évêque de Trêves, l’avait rejoint. Il avait traversé Mulhouse, Schelestadt, Soleure où le comte de Savoie était allé à sa rencontre ; à Berne la réception faite à l’empereur le jour de S. Michel (29 septembre 1310) avait été splendide; on y prit quelque repos. L’évêque de Bâle qui était à Porrentruy le 28 septembre où il confirma les franchises des bourgeois, se hâta de rejoindre l’empereur qui poursuivit sa marche par Morat, Lausanne, Chambéry: on arriva à Suze le 24 octobre; le 12 novembre on entrait à Asti. Gérard de Vuippens y fui témoin de l'investiture donnée par Henri VII au comte Amédée de Savoie. L’empereur resta deux mois à Asti: la veille de Noël (1310) il mit le siège devant Milan, qui se hâta défaire sa soumission et d’ouvrir ses portes au monarque. G, Henri VII s’y fit couronner roi de Lombardie (6 janvier 1311) et tint une assemblée générale des états pour en régler l’administration. Le conseil privé de l’empereur se composait alors du comte de Savoie, des évêques de Trêves, de Liège, de Bâle, de Genève et de Trente. 7 Une révolte presque générale de la Lombardie obligea Henri VII à agir avec énergie : Milan, Crémone et Brescia furent traitées avec une rigueur excessive. Le siège de Brescia qui dura du 19 mai au 29 septembre 1311, fui désastreux pour l’armée impériale ; la famine, la maladie, le glaive firent périr les trois quarts de ces troupes. 8 Ce fut durant ce siège que l’empereur reçut des envoyés du roi de Naples, R.obert, qui étaient chargés de traiter les conditions d’un mariage projeté entre la fille d’Henri VII et le fils du roi. L’évêque de Bâle fut choisi par l’empereur avec l’évêque de Liège, pour prendre les arrangements convenables. Après le serment prêté sur les saints évangiles, les mandataires furent plusieurs

1 Wurstemberg, Peter der Zvveite, IV. N° 91 1 et 912. = 2 Mem. et doc. rom., VIL SI. = 3 „Gerhardo

de Wippingen, filio sororis Ottonis Domini in Grandisono . . . “ Chron. Alb. Argent. = 4 „Gerhardo

Basiliensis, . . . episc. Hergott, geneal. dipl. Habsb., t. III. p. 597. = 5 Lunig, Reichs-Archiv., cont. I.

P- 10. = G Chron. Alb. Arg. — De rebus gestis Henrici VII, c. 15 et 17 ap. Reuber, p. '784. = 7 Albertini

Mussati de gestis Henrici VII., lib. II. ap. Reuber. = 8 Gesta Baldewini de Luczenbureh, an. Reuber,

c. 8, 9. 11 et 12.

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