CHAPITRE XX
Ferrette). Le chapitre du Grand Saint-Bernard prétendait que ce droit lui appartenait ; Saint-Ursanne le possédait et l’exerçait librement et paisiblement. L’affaire fut portée devant le doyen de la cathédrale de Bâle, Jean Camerarii; le chapitre de S. Bernard se fit représenter par le recteur de Ferrette, maître Jehan ; Saint- Ursanne par les chanoines Hugues et Henri d’Asueh Le doyen, choisi par les parties comme arbitre, reconnut le droit du chapitre de Saint-Ursanne et débouta le Grand Saint-Bernard de ses réclamations (6 juillet 1314). L’évêque de Bâle, qui était alors à Delémont, confirma ce jugement le 17 juillet, et le prévôt du Saint-Bernard, le 26 du même mois. Ce droit de patronage reconnu, Gérard de Yuippens, pour augmenter les revenus de l’église de Saint-Ursanne, très éprouvée et réduite à une grande pénurie par les ennemis de l’évêché de Bâle, annexa à ce chapitre l’église de Saint-Biaise (Lulliskilch, dans le décanat de Leymenthal), à condition de la faire desservir par un prêtre capable, approuvé par l’évêque de Bâle. L’acte de donation fut dressé et scellé à Saint-Ursanne le 4 août 1314, en présence de Gérard de Yuippens qui voulut faire lui-même ce présent aux vénérables chanoines. 1
Une annexion du même genre fut celle de l’église de Waldkirch, faite par l’évêque de Bâle en faveur de l'ahhaye bénédictine de Schœnthal, à la prière de son oncle Hartmann de Nidau, prévôt de Soleure (17 avril 1312); ce monastère possédait déjà le droit de patronage de cette église par une donation des comtes Othon et Rodolphe et de la comtesse Elisabeth de Falkenstein (8 décembre 1311). 2
Les frères de Saint -Antoine d’Issenheim obtinrent aussi de la bienveillance de l’évêque de Bâle l’union de l’église de ce lieu à leure mense commune. Déjà ils possédaient le droit de patronage de cette église qu’ils avaient acheté avec d’autres biens de l’ahhaye de Murbach, pour quatre-vingts marcs d’argent en 1313 (5 février). A cette occasion Gérard de Vuippens avait protesté contre une clause du contrat de vente, ayant trait à sa juridiction ordinaire, qu’il prétendait avoir le droit d’exercer sur l'ahhaye de Murbach. 3
A cette époque, on vénérait à Bàle une sainte religieuse du couvent des dominicains de cette ville (ad Lapides). Elle s’appelait Itha et était de Rheinfelden. Sa sainteté, l'austérité de sa vie, les miracles qu’elle opéra, après sa mort, lui acquirent une grande renommée. Elle mourut le 5 février 1313 et fut ensevelie dans l’église du monastère, où son tombeau fut longtemps l’objet d’un pèlerinage et d'un culte publics. 4 Le couvent de Sainte-Glaire au Petit Bâle, avait aussi dans ce temps une grande réputation de régularité et d’austérité. L'évêque de Bâle témoigna en 1315, l’intérêt qu'il portait à cette maison, en lui donnant le domaine utile d’un fief de l'église de Bâle, situé sur le ban d’Allschwyler (7 janvier). 0
Deux mois après, le pieux prélat était â Delémont où il aimait à faire sa résidence et là il examinait et approuvait les statuts du chapitre de Saint-Martin de Colmar, qui devaient régler le service religieux dans cette église et accroître la dévotion clés fidèles. Au point du jour, on devait célébrer une messe dans la chapelle de S. -Jacques, puis on sonnait la cloche nouvelle et le chapelain de S. -Michel commençait la messe ; après l’élévation le chapelain de Saint-Nicolas devait faire de même ; et ainsi de suite pour tous les autres chapelains. G II y avait alors à Saint-
1 L’original est aux archives de Porrentruy. = 2 Solotli. Wochenbl., 1824. 514, 515. = 3 Trouillat,
t. III. p. 181 et 194. -- 4 Urstisius, Epitome List. Basil., p. 135. = 5 Livre des fiefs nobles, fol. 89b. =
0 Trouillat, t. III. p. 213.