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L’EMPEREUR FRÉDÉRIC LE BEL A BALE

Martin de Colmar seize chanoines et dix-sept chapelains préhendés. 1 Le chœur de cette église fut reconstruit à cette époque, car l’évêque de Bàle autorisa, par un acte dressé aussi à Delémont le 1er mars 1315, l’application des revenus des prébendes vacantes pendant deux ans, à cette reconstruction et à l’ ornementation de la collégiale. Ce chœur, d’après les termes de cet acte, menaçait ruine à cause de sa vétusté, et on n'y célébrait les offices qu’au péril des chanoines et d’autres personnes; en outre la beauté de l’église en souffrait. 2

Le chapitre de Colmar trouva à cette époque un illustre et puissant protecteur. L’empereur Henri VU était mort en Italie le 24 août 1313. Six électeurs choisirent pour lui succéder Louis de Bavière, tandis que les quatre autres élurent à Francfort Frédéric dit le Beau, duc d’Autriche (19 octobre 1314). L’ancien évêque de Bàle Pierre d’Aspelt, archevêque de Mayence, couronna Louis de Bavière le 26 novembre. Frédéric le Bel reçut la couronne à Bonn des mains de l’archevêque de Cologne. 3 Les villes du Bas-Rhin depuis Seltz se rangèrent du parti de Louis de Bavière, celles du Haut-Rhin depuis Seltz reconnurent Frédéric le Bel pour empereur, excepté Berne et Soleure qui ne se prononcèrent pour aucun parti. 4 Frédéric le Bel était à Colmar le 22 mars 1315 où il fait dresser un diplôme impérial en faveur du chapitre de cette ville. Il veut, dit-il, suivre l’exemple de son aïeul Rodolphe el des illustres rois des Romains, ses ancêtres et ses prédécesseurs, et ayant égard à la foi et à la piété remarquable des chanoines de Colmar, il les prend sous la protection de l’empire, leur concédant tous les privilèges des bourgeois de cette ville. Frédéric s’appelle „roi des R.omains toujours auguste", et il date de la première année de son règne. 5

A quelques jours de là, Frédéric le Bel et son frère Léopold allaient à Bâle célébrer leurs noces. Nous citons la chronique contemporaine d’Albert de Strasbourg: „A la Pentecôte (11 mai 1315) il y eut à Bàle des fêtes très solennelles pour les noces de Frédéric élu empereur et d’Elisabeth, fille du roi d’Aragon (Jayme II) et celles de Léopold et de Cathérine, fille du comte de Savoie (Amédée Y dit le Grand). * Qui pourrait relater tous les tournois qui eurent lieu à cette occasion? Là le comte de Katzenellenbogen, terrassé en pleine lice d’un coup de lance par le chevalier Grat de Gebwilre, mourut dans de grands sentiments de repentir et fut accompagné jusqu’au Bdiin par un nombreux cortège de dames de Bâle qui versaient d’abondantes larmes. Un cistercien montrait à Bàle à l’occasion des ces noces les insignes sacrés qu’on appelle royaux, savoir la lance, un clou, une partie de la croix du Sauveur, la couronne, le glaive de Charles (Magne) etc. — La foule était si pressée, qu’une estrade s’écroula et écrasa un grand nombre d’assistants. Pareil accident arriva au tournoi; plusieurs dames y furent blessées. Jean de Klingenberg passait alors pour le plus vaillant de tous les chevaliers."6 L'évêque de Bàle, par sa haute position, dut occuper en cette circonstance un des premiers rangs à la cour de l’empereur. Frédéric le Bel était encore à Bàle le 14 mai 1315, car le diplôme impérial délivré à cette date aux frères hospitaliers de Bucken, pour leur assurer un droit de pêche dans le Rhin, est daté de Bàle; — datum Basilie. 7 Le duc Léopold fut battu la même année, le 16 novembre à Morgarten par les Suisses qui avaient pris le parti de Louis

1 Liber marcarum, Trouillat et Vautrey, t. V. p. I. = 2 Ibid., p. 217. — 3 L’art de vérifier les

dates, p. 448. = 4 Chron. Alb. Argent., p. 58. = 5 Trouillat, t. III. p. 218. = 6 Ghron. Alb. Argent. =

7 Trouillat et Vautrey, t. V. p. 687.

Evêque# de Bâle

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