CHAPITRE XX
de Bavière. Nous le trouvons l’année suivante à Bienne où il règle, comme arbitre, les différends prolongés de l’évêque de Bâle et du comte Rodolphe de Neuchâtel.
Les guerres du Val de Ruz, dont nous avons déjà parlé, avaient redoublé la vieille inimitié qui subsistait entre ces deux personnages, et les malheureux habitants de leurs possessions entrelacées auprès du lac de Bienne, devinrent les victimes des plus affreuses hostilités. 1 La paix fut rétablie pour quelque temps en 1316 par l’intervention du duc d’Autriche qui prononça comme arbitre à Bienne, le 23 juin 1316; — que l’évêque de Bâle et le comte Rodolphe de Neuchâtel seraienl désormais unis d’une amitié sincère et perpétuelle ; — que le comte rendrait et conduirait vers le Schlosberg les prisonniers de guerre faits à l’évêque; — que le comte renoncerait à toute prétention sur la Neuveville (oppido novo) sous le château de Schlosberg, de construction récente et la reconnaîtrait propriété de l’évêque et de l’église de Bâle; après quoi, l’évêque le dégagerait lui et ses héritiers de l’hommage qu’ils devaient à l’église de Bâle. Le duc Léopold fixe ensuite les revenus et les limites des terres des deux parties ; il défend la construction de forteresses sur leurs territoires adjacents et condannne l’évêque de Bâle à payer au comte cent cinquante marcs d’argent. 2
Gérard de Vuippens accepta la sentence arbitrale du duc d’Autriche et délégua le maire de Bienne, Jean de Nuwenstein, chevalier, le châtelain du Schlosberg, Othon et Imier et maître Wernher, chapelain de ce château, pour mettre à exécution les conditions fixées par l’illustre duc (11 juillet 1316). 3 Conformément à ce jugement arbitral, il releva, par un acte portant la même date, le comte Rodolphe de Neuchâtel et ses héritiers de la prestation d’hommage. 4 Dans cette guerre, l’évêque avait eu à son service le chevalier Henri Zobel de Mulhouse et son fils Héher qui avait été fait prisonnier par le comte de Neuchâtel et retenu en prison. Gérard de Vuippens dédommagea ses deux courageux défenseurs des pertes qu’ils avaient subies à son service (19 septembre 1323). 5
En même temps que le duc d’Autriche assurait à l’évêque de Bâle la paisible possession de la Neuveville, son frère Frédéric le Bel lui engageait pour mille marcs chargent la ville de Soleure qu’il devait posséder jusqu’à l’entier remboursement de cette somme.6 (D’Ensisheim, en 1316.)
Malgré ses engagements envers Rodolphe de Neuchâtel, l’évêque de Bâle ne craignit pas de faire alliance avec Jean d’Arberg, sire de Valangin qui tenait en fief de l’église de Bâle le Val-de-Ruz avec ses dépendances et en arrière-fief le château de Valangin. Jean d’Arberg lui promit, à Bâle, où l’alliance fut conclue, de faire la guerre en son nom, à Rodolphe de Neuchâtel, quand il en serait requis; de le recevoir lui et ses gens dans le château de Valangin et de ne conclure de trêve qu’avec l’agrément de l’évêque. De son côté, Gérard de Vuippens promit aide et protection à Jean d’Arberg contre le comte de Neuchâtel, tant qu’il aurait guerre avec ce seigneur et durant toute sa vie. Le traité ch alliance, conclu à Bâle le 2 mars 1317, fut scellé par les nobles contractants, par Ulrich d’Arberg, coseigneur
1 Histoire de Neuchâtel, par F. de Chambrier, p. 54. = 2 „Nos Lupoldus Dei gratia dux Austrie
et Styrie, dominus Carniole, Marc.hie ac Portusnaonis, cornes in Habspurg et Kyburg nec non lantgravius
superioris Alsatie generalis . . . Datum in Biello, in vigelia beati Johannis Baptiste, anno Domini
MCCCXVI/ Matile, Monuments de l'histoire de Neuchâtel, t.I. p. 326. = 3 Ibid., p. 328. = 4 Ibid.,
p. 329. = 6 Troublât, t. III. p. 330. — 6 Ibid., p. 242.