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PELERINAGE DES BALOIS A NOTRE-DAME-DES-ERMITES

voulait faire mourir par le poison, ont avoué qu’ils en avaient fait usage et ont publiquement fait demander pardon aux citoyens dont ils avaient empoisonné les enfants, en se déclarant coupables. Le conseil de Bâle a délégué des messagers à Asuel, où l'on instruit contre les juifs et où il y en a eu d’exécutés. Ces messagers ont rapporté que trois juifs y avaient avoué que tous leurs coreligionnaires, baptisés ou non, savaient préparer eux-mêmes le poison; l’un de ceux, mis à mort à Bâle, a fait la même déclaration. Le conseil de Bâle informa celui de Strasbourg, en l’assurant sous la foi du serment qu’il a entendu relater ces faits ou qu’ils lui ont été rapportés par ses messagers. 1

La peste fit accourir aux pieds de Notre-Dame-des-Ermites de nombreux pèlerins. Cent Bàlois et soixante-dix Strasbourgeois se rendaient en pèlerinage à la célèbre abbaye, lorsqu’ils furent surpris en chemin par les Zuricois qui les mirent en prison dans leur ville. On les relâcha pour un temps sous une forte caution: mais les conditions des Zuricois furent tellement onéreuses que les pauvres captifs durent retourner à leur prison. Les villes de Strasbourg, Bâle, Fribourg et Brisacb avaient fait un traité d’alliance avec les ducs d’Autriche: on mit des troupes sur pied ; les évêques de Bâle et de Strasbourg étaient prêts à faire en personne partie de l’expédition; en présence de ces armements redoutables et sur la prière d’Agnès, reine de Hongrie qui intervint en faveur des prisonniers, une convention fut signée le 6 juillet 1350 et les pèlerins captifs rendus enfin à la liberté. 2

Ces alliances entre les villes doublaient leurs forces et assuraient le respect des citoyens. Nous trouvons à cette époque Bienne et Morat faisant alliance pour dix ans (18 octobre 1342). 3 L'année suivante Bienne qui avait pour maire un parent de l’évêque de Bâle, le domzel Conrad Senn renouvela pour toujours son alliance avec Fribourg et son avoyer, le chevalier Jean de Montmacon (13 mars 1343). 4 Les Biennois avaient bonne renommée; des Unterwaldois avaient été faits prisonniers sur les terres de Bienne; il furent traités si humainement par les Biennois que les autorités de l'Unterwalden, informés de ce fait par leurs confédérés de Berne, en avaient exprimé leur contentement à ceux de Bienne, en leur promettant de ne jamais leur porter préjudice au sujet de cette captivité (19 juin 1343). 5 La même année, la comtesse de Nidau, Vérène de Neuchâtel, fut reçue bourgeoise de Bienne et promit à la ville sa protection et son secours au besoin (18 décembre 1343). La même déclaration fut faite en 1350 par le sire de Nidau, Rodolphe de Neuchâtel, qui avait aussi reçu la bourgeoisie de Bienne. G

Berne renouvela son alliance avec Bienne pour dix ans, en février 1344. 7 L’année suivante, une vaste confédération réunit pour le maintien de la paix et de la sécurité publique les villes de Bâle, Strasbourg, Fribourg, Haguenau, Rosheim, Obernay, Selestat, Colmar, Brisacb. Neuenburg, Kaisersberg, Turckheim et Munster et Bertholde, évêque de Strasbourg, l’abbé de Murbach, la duchesse d’Autriche, représentée par son bailli dans le Sundgau, Ulric Thiébaud d’Asuel, les ducs d'Autriche, les landgraves d’Alsace, etc. (3 mars 1345). 8 De son côté Jean Senn avec la ville de Bâle faisait alliance pour deux ans avec Zurich pour

1 „ Scellé par le conseil de Bâle.“ Schiller, Observ. ad chron. Kônigshofen. 1025. = 2 Chron.

Al b- Arg. = 3 T rouillât, t. III. p. 803. = 4 Ibid., p. 807. = 5 Ibid., p. 811." = 6 Ibid., p. 818—87?,. =

' Archives de Berne. = 8 Liinig. Archiv. imp. part spec. continuât. I Fortsetz. II. p. 15.

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