‹ Histoire des Évêques de BaleChapitre 327 sur 496 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

s’aider réciproquement contre qui que ce fût (7 septembre 1345). 1 Cette alliance fut renouvelée pour une année le 15 janvier 1347. 2 Une convention conclue à Neuchâtel, le 2 mars 1349, entre Jean Senn et Louis, comte de Neuchâtel, mit fin aux débats qui s’étaient élevés au sujet de la juridiction sur les gens de Lignères et de S. Maurice.3 L’évêque de Bâle avait aussi un différend avec le chevalier Conrad Kamerer et ses fils, relatif à la mairie cl’Oberwyler. En 1344 les deux parties consentirent à soumettre leurs débats à un jugement arbitral qui fut rendu le 1 3 mars de la même année. Henri von Cassen et Conrad de Bârenfels, chevaliers, représentaient Jean Senn; les Kamerer avaient pour arbitres Werner Schaller, avoué à Bâle, et Jean d’Eptingen le Spengelen. Conrad Münch de Landskron était l’arbitre commun.4

Jean Senn fit à cette époque plusieurs négociations dans l’intérêt de l’évêché. Nous le trouvons achetant le 15 septembre 1343, pour deux cent cinquante marcs d’argent, du chevalier Jacques de Neuenfels et de ses fils, Jacques et Erard, les villages de Schliengen, Haltingen, Mauchen et Steinenstadt, situés au diocèse de Constance. En garantie du prix d’achat, l’évêque assigne aux vendeurs une rente annuelle de cent quartauts de céréales et once chars de vin blanc suites dîmes épiscopales en diverses localités, spécifiées dans l’acte du 4 mai 1344. 5

Plus tard, il échange avec le marquis de Bade, Hermann IX, sire du Vieux- Eberstein, le village de Nieder-Owesheim du diocèse de Bâle contre celui d'Oese au diocèse de Spire, que le marquis reprend à titre de fief de l’église de Bâle, tandis qu’il vend Nieder-Owesheim à l’abbaye de Mulbrunn (16 mai 1346). 6

Pour se procurer les ressources qui lui font défaut, Jean Senn a recours à des ventes à réméré qui lui procurent l’argent dont il a besoin. Le 23 octobre 1 344, il vend pour mille florins à Henri Frœweler, bourgeois de Bâle, une rente annuelle de deux cent vingt quartauts de céréales assignée sur les dîmes de l’église de Bâle en Alsace. 7 Pour le payement d’une somme de trente marcs qu'il doit au chevalier Jean Pfaffe, l’évêque est forcé, faute d’argent, d’hypothéquer à son créancier les revenus des chésaux à Brisach (29 juin 1346). 8 La vente à réméré des dîmes épiscopales àOlten et à Hegendorf, faite en 1350 (18 mars) au chevalier Bertholde de Grunenberg, rapporte à l’évêque quatre-vingts marcs d’argent; mais ce chevalier a rendu de grands services à l’église de Bâle. Jean Senn reconnaît lui devoir à ce titre cent cinquante florins et lui engage la jouissance des dîmes déjà engagées jusqu’au payement intégral de cette somme. L’acte épiscopal est daté de Saint-Ursanne où se trouvait Jean Senn, le 29 mars 1350. 3

La même année (15 novembre) le vénérable prélat se procure mille sept cents florins en vendant à réméré à la ville de Bâle le droit de ban-vin dans cette ville. 10 Porrentruy jouissait du même droit depuis 1346, grâce à une gracieuse donation de l’évêque qui voulut venir en aide à la ville chargée de dettes envers les lombards et les juifs, en l’autorisant à appliquer le produit de l’angal à payer ces dettes; Jean Senn lui accorda cette faveur pour six ans; après quoi il rentrerait dans ses droits. Sur les revenus de l’angal, on devait consacrer chaque année cinquante-cinq livres à la réparation des murs, ponts et remparts de la ville. 11 Le

1 Tschudi, Cliron. Helv., 1. 1. p. 372. = 2 Ibid., p. 374. — 3 Ibid., p. 620. = 4 Ibid., p. 820. = 5 Ibid., p. 813, 558. = 6 Livre des liefs nobles, fol. 14 b. = 7 Archives du château de Porrentruy.

" Trouillat, t. III. p. 583. = 0 Solothurner Wochenblatt, 1822, p. 164. — 10 Trouillat, t. III. p. 647. =

11 Ibid., p. 587.

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