LES FIEFS DE L’ÉVÊCHÉ DE BALE
bailli de Porrentruy était alors le frère même de l’évêque, Bourkard Senn de Munsingen. 1 Ce fut sans doute à sa prière que le prélat accorda à la ville la faveur que nous venons de signaler. Jean Senn fit dresser l’acte de donation en son château de Porrentruy — in Castro nostro Burntrut — le 1 3 décembre 1 346. L’évêque y faisait alors sa résidence; peut-être était-il venu à Saint-Ursanne visiter et consoler les habitants de cette ville qui venait d’être presque entièrement détruite par un incendie, comme le signale un acte original du 23 décembre 1346, conservé aux archives de Saint-Ursanne. 2
Non loin de Porrentruy où Jean Senn avait son château, se trouvait le manoir de Milandre qui appartenait aux évêques de Bâle. 11 était entre les mains de la veuve du chevalier Hartmann de Massevaux, noble dame Jehanne, fille d’Ambert de Jour. C’était un fief de l’évêché, qui avait son importance à cause de sa position aux frontières des possessions de l’évêque de Bâle. Le livre des fiefs
Château de Porrentruy au XVIIe siècle.
nobles renferme l’acte authentique de l’officialité au sujet de la livraison du fief de Milandre à la noble veuve du chevalier de Massevaux. C’était le vendredi avant la fête de S. Ambroise en 1350, l’archidiacre le Bâle, official de la cour épiscopale, Conrad Schaller, siège dans le cimetière d’Alschwiller, avec le maître Jean prieur de Saint-Alban, vicaire général et représentant de l'évêque de Bâle, en présence d’une noble et nombreuse assistance. La noble dame Jehanne de Jour se présente avec son tuteur, le chevalier Conrad de Bârenfels, et déclare qu’elle a reçu le château de Milandre, près de Delle, de l’évêque de Bâle dont elle se reconnaît vassale, comme homme lige. Elle s’oblige à le défendre, lui et ses successeurs, de tout son pouvoir, envers et contre tous. Quand il en aura besoin, si elle en est requise par l’évêque ou par dix chevaliers honorables au nom de l’évêque ou de l’église de Bâle, le premier, le second ou le troisième jour, elle devra lui remettre le château, qu'il pourra occuper durant la guerre, sans dol ni
1 Trouillat, t. III. p. 812. = 2 „ . . . quum fere totum oppidum St. Ursicini combustum fuit, circa
annos Domini MCGC quadragesimo sexto. “ Archives de Saint-Ursanne.