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CHAPITRE XXI

Oswald martyr, Désiderius évêque, Jérôme prêtre, Agathe vierge, des onze mille Vierges et avait placé dans le tombeau de cet autel des reliques de ces Saints. 1 Ce fut aussi Jean Senn qui consacra le dimanche, 34 novembre 1364, la chapelle de Ste Catherine à Laufon, qui est devenue l’église paroissiale de cette ville. 2 La chapelle voisine de S. Oswald au château de Zwingen avait reçu en 1359 du pape Innocent VI des indulgences que l’évêque Jean Senn avait confirmées et augmentées, le 11 avril 1360. 3

On voit que son activité s’étendait à tout. Après trente ans d’un laborieux épiscopat, le vénérable prélat avait droit au repos et à la récompense réservée aux grands et saints évêques. 11 mourut tout-à-coup le lundi, 30 juin 1365. 11 fut enterré à la cathédrale de Bâle, devant l’autel de S. Imier qu’il avait fait construire à ses frais et convenablement doté. Tout le diocèse le pleura : le chapitre de Bâle inscrivit dans son Liber vitæ qu’il était ami de la paix, gracieux pour tous, ami dévoué du chapitre, du clergé et du peuple. 4 Le bourgmestre de Bâle, Ottmann Scalari, écrivant au sénat de Strasbourg, à cause de l’invasion des Anglais en Alsace, lui fit part de cette mort en ces termes: „I1 est malheureusement arrivé que notre cher Seigneur l’évêque de Bâle est mort subitement ce matin, une heure avant midi, le lundi après la fête de S. Pierre et de S. Paul, les deux apôtres. “ 5

Nicolas Gerung qui compulsa les archives de la cathédrale qu’il remit en ordre avant 1453, relate la mention de l’évêque Jean Senn, inscrite sur les registres du chapitre: „ C’était un homme doux, pieux, zélé pour la paix, ami du clergé et du peuple, réformateur de tout l’évêché et de ses possessions et auguste." 6

La statue de Jean Senn fut placée sur son tombeau avec cette inscription : Anno MGGCLXV ult. Junii obiit Johannes Senn de Munsingen hujus ecclesie episcopus, ejus anima requiescat in pace. 7

Jean Senn avait fondé son anniversaire à la cathédrale, à Moutier-Grandval, à Saint-Ursanne ; à Lucelle on faisait mémoire du consécrateur de l’église abbatiale. 8

Jean Senn portait dans ses armes : de gueules au pal d’argent, au chef de même.

1 Archives du chapitre de Moutier, au château de Porrentruy. = 2 Trouillat, t. IV. p. 694. = 3 Ibid.,

p. 681. = - 4 ,11 Kal. Julii Anno Domini MCCCLXV obiit Reverendus pater, pacificus et omnibus gratus,

arnator et zelator capituli. cleri et populi, dominus Johannes Senne, alias dictus de Buchegge, episcopus

hujus ecclesie. “ Lib. vitæ cath. Basil. - - 5 Urstis. Gatal. Basil, episc., p. 310. = 6 „Homo mansuetus.

pins ac zelator pacis, amator cleri et populi ac totius episc-opatus, fortalitiorumque reforrnator et augustus.“

N. Gerung, Chron. episc. Basil. = 7 Basilea sepulta ad Î365. = 8 Lib. vitæ eccl. cath. Basil. Monast.

Gdvall. S. Ursicini, Lucell. — Trouillat, t. IV. p. 225.

Armoiries de l’évêque Jean Senn.

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Sculpture dans le caveau de la cathédrale de Bâle.

LA CATHÉDRALE DE BALE

Il nous a semblé que la cathédrale de Bâle, mère et maîtresse de toutes les églises du diocèse qui porte son nom, méritait une description détaillée. Le monument en vaut la peine et les souvenirs qui se rattachent à ces vieilles murailles, méritent d’être conservés. Nous empruntons cette description et les gravures très exactes qui l’accompagnent à une publication faite en 1842, chez Hasler et C,e à Bâle, dont les exemplaires sont devenus très rares : elle a sa place marquée dans cette histoire. — Différentes autres illustrations qui ne font pas partie de ce chapitre, mais qui ont rapport à la cathédrale de Bâle dont une description détaillée est faite ici, figurent dans les chapitres précédents et dans ceux qui suivront.

.Le frontispice et les tours.

e plan primitif du frontispice comprenait, sans doute, uniquement les deux tours avec le mur de pignon qui les sépare ; et les façades adjacentes des deux nefs extérieures sont évidemment d’une origine moins ancienne. Il n’y eut d’abord qu’une porte au frontispice, celle mais l’addition maladroite des deux dernières nefs a nécessité

du grand celle des deux portes latérales.

Le mur principal de l’église, entre les deux tours, se divise en deux étages, séparés extérieurement et intérieurement par des galeries. A l’étage inférieur se trouve le grand portail, flanqué, de part et d’autre, de deux pilastres, entre lesquels, à une certaine hauteur, sont pratiquées des fenêtres. Le portail lui-même se distingue par la pureté de ses proportions, quoique l’exécution eût exigé un peu plus de relief et moins de négligence. Les quatre demi-colonnes adossées cà chaque côté ne ressortent pas assez. Dans les grandes ogives sont enchâssées deux rangées de prophètes, d’anges musiciens, etc., séparées l’une de l’autre par une rangée de fleurons. Ces petites images ont par-ci par-là beaucoup d’expression, et des attitudes animées. La partie supérieure de la porte dans la plupart des cathédrales gothiques occupée par des bas-reliefs, l’est, ici par une fenêtre, qui fait moins bien en dedans qu’en dehors. Les fleurons, par ce qu’ils ont de fantastique, et la manière dont les ornements sont exécutés font rapporter ce portail aux dix dernières années du XIVe siècle; tandis que les belles proportions de l’ensemble

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