‹ Histoire des Évêques de BaleChapitre 347 sur 496 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

saillantes d’un goût simple, et courbées en voûte. L’espace compris entre elles et le linteau est occupé par un haut-relief cpii représente le Christ comme juge du monde, et plusieurs saints. Le linteau lui-même offre, en bas-relief, les cinq vierges sages et les cinq vierges folles. Autour de la porte proprement dite et de ces sculptures se développe une guirlande peu relevée d’ornements élégamment filés et supportant des fruits. En dehors des colonnes, on voit, de chaque côté, cinq petites cellules ou niches à colonnes, d’inégales hauteurs, et placées les unes au-dessus des autres. Les trois niches inférieures de chaque côté renferment des hauts reliefs représentant les six œuvres de la miséricorde: la quatrième, à gauche, est occupée par Jean Baptiste, et celle de droite par Jean l’évangéliste. Enfin, les deux dernières contiennent deux anges jouant du trombone. Dans l’espace compris entre le grand arc du portail et les niches, sept petits personnages, en haut relief, figurent les morts sortant de leurs tombeaux; et par-dessus tout cela est une frise à feuillage simple, dont les moulures saillantes son! vraiment dignes de fixer la curiosité.

Toutes les figures de cette porte ont, de près ou de loin, rapport au jugement dernier, conformément aux paroles de S. Mathieu, chap. XXV (voyez, pour les dix vierges, v. 1 - 13; pour le Christ juge, et pour les saints anges, v. 31 ; poulies six œuvres de la miséricorde, v. 35 et 36 ; pour la résurrection des morts, v. 33). Les vêtements, en général à petits plis allongés sont étriqués et mal ajustés; les visages regardent en face, lors même que le corps est de profil. Les ornements architectoniques sont, pour la plupart, fort beaux, entre autres la bordure en spirale qui encadre la porte proprement dite, et plusieurs chapiteaux. (On voit, aux deux coins de la porte, deux dragons, qui sont peut-être le plus ancien vestige du rapport que présente le nom de Basilia avec le basilic.) Au reste, si nous rapportons la construction de cette porte au temps de Henri II, ce n’est que par supposition; car rien n’est plus difficile, comme on sait, que de se prononcer avec quelque assurance sur les genres d’ornements en usage depuis le IXe siècle jusqu’au XIIe. Cependant les ornements intérieurs des niches et les draperies qui s’y trouvent ont surtout l’air d’appartenir à cette période.

La roue de la Fortune est décidément plus moderne. Déjà les hauts et minces pilastres corniers caractérisent le commencement du XIIe siècle, aussi bien que les neufs figures ascendantes du pourtour : la plus élevée seule, assise sous un baldaquin, est d’une date moins ancienne, c’est-à-dire de la période gothique antérieure au tremblement de terre. Au pilastre de gauche, on voit un homme foulant aux pieds un lièvre, haut relief qui semble encore plus ancien que le pilastre même.

Le mur du pignon méridional du transept est caché par des bâtiments contigus. Il a aussi une fenêtre ronde, mais sans ornements : les deux bâtiments latéraux entre lesquels il s’élève, et qui sont certainement contemporains de toutes les parties basses du chœur, servaient autrefois de sacristie, etc.; ils ont des fenêtres très étroites, et sont ornés ça et là de petites rangées d’arcades, décoration ordinaire au XIe siècle et au XIIe.

Le chœur enfin, demi -décagone, comme d’ordinaire, à côtés inégaux, est extérieurement orné, dans le bas, d’une guirlande d’arcades qui saillent un peu en dehors du mur: chacune de ces arcades forme plusieurs cercles et est bordée d’une rangée de petites boules en guise de perles : les colonnettes et les chapiteaux sont lourds ; les piédestaux surtout et le socle du bâtiment, qu’on ne voit pas de partout,

LA CATHEDRALE DE BALE

le sont encore davantage : cependant le tout a un caractère de richesse qui fait aisément passer sur ces défauts. On voit, au-dessus de l’arc que forme la partie la plus reculée et la plus grande, une frise extrêmement belle, représentant la vendange au milieu des entrelacements multipliés d’une treille, dans le style de la première moitié du XIIe siècle. A chaque angle du chœur est un fort pilastre, percé à sa base d'une arche à ogive, et servant d’appui à l'édifice.

La cathédrale de Bâle vue du côté de nord-ouest.

Le mur inférieur du chœur (celui qui entoure le couloir autour du chœur) a, de chaque côté, une fenêtre simple, cintrée et à colonnes adossées, el se termine par un ornement composé de petits demi-cercles, aux appuis desquels se voient toutes sortes de figures grotesques non encore expliquées, et peut-être, en partie du moins, purement fantastiques ou d'une interprétation désormais impossible.

Plus haut, le mur recule pour former une galerie gothique qui n'est autre chose que le mur extérieur de la grande galerie des chantres élevée au-dessus de l’allée

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