‹ Histoire des Évêques de BaleChapitre 353 sur 496 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

contient la statue couchée du chevalier et bourgmestre Henri de Pœichenstein, mort en 1403, et deux grandes épitaphes, celle du général d’empire Rodolphe de Salis, mort en 1600, et celle du général français Jean Bernard de Ehne, mort en 1657.

Des escaliers conduisent de chacun des bras du transept à une des extrémités du couloir qui règne autour du chœur. Mais considérons d’abord la partie inférieure du chœur, qui est le centre de la croix. Au milieu du jubé, et entre les deux portes ouvrant au haut des escaliers par où l’on arrive de la nef dans le chœur, se trouve un beau siège épiscopal en pierre avec baldaquin, probablement de la fin du XIVe siècle. Sur les côtés sont deux petites figures de femmes en haut relief, d’un travail exquis. On croit qu’elles représentent la Religion et la Théologie. C’est dans cette partie du chœur que le grand concile de Bâle tint ses séances, de 1431 à 1448. Les stalles qu’on y voit aujourd’hui n'existaient pas encore; elles étaient remplacées par des estrades recouvertes de tapis; devant le grand autel était le siège du cardinal qui avait la présidence. Dans la salle nommée salle du concile (voyez plus bas) se tenaient des séances particulières; encore n’étaient-ce pas les plus importantes, attendu que la division qui s’occupait des articles de foi (deputatio de fide) avait été transférée dans le couvent des cordeliers. Les stalles actuelles, distribuées sur trois rangs le long du mur de séparation et du jubé, sont un ouvrage précieux de la dernière moitié du XVe siècle. Le beau bois de chêne dont elles sont faites a passablement résisté aux vers ; les poutres d’en haut seules, et quelques pièces des extrémités, ont été ruinées et remplacées sans goût. Les dernières rangées ont des dossiers élevés, dont les panneaux représentent, à leur partie supérieure, les figures les plus bizarres, remarquables autant par le comique de l’invention que par une exécution soignée. Ce sont, pour la plupart, des centaures (figures favorites du moyen-âge), dont les bustes représentent ou des évêques, ou des moines buveurs, ou des caricatures de nonnes, etc. Les sculptures qui forment comme des poignées au fond de chaque stalle sont dans le même goût: on y voit une religieuse ayant des ailes de chauve-souris, et d’autres figures également choquantes ; comme on voit aux bras des mêmes stalles des têtes de prêtres alternant avec des têtes d’animaux. On a de la peine à s’expliquer comment il était possible de représenter, dans un dôme catholique, dès satires si évidemment dirigées contre le clergé; au reste, les ouvrages de ce temps que l’on voit ailleurs ont souvent le même caractère. Quant aux allusions de ces sculptures, il est fort douteux qu’on parvienne jamais à les expliquer. Aux extrémités des dernières rangées sont de belles figures ou statues de différents membres du chapitre d’alors; de même que celle de l’évêque bénissant l’assemblée; et au-dessous, plusieurs symboles, entre autres un phénix, un pélican, un cerf, etc. Les deux extrémités du siège épiscopal ont sur le côté deux prophètes en bonnets et avec des rubans à sentences. (La même représentation se trouve au pilier du jubé, droit au-dessus du monument d’Erasme; on croit généralement, mais à tort, que ce sont les apôtres Pierre et Paul.) La gravure a été dessinée depuis le siège de l’évêque; le peu qui manque ou qui a été mal réparé, a été rétabli par le dessinateur dans le style de l’époque. Une seconde feuille contient plusieurs de ces poignées de stalles; et une troisième les ornements de quelques extrémités , qui méritent en partie l’épithète de magnifiques. L’éditeur croit, en publiant la représentation de ces ouvrages intéressants, faire une entreprise agréable aux amateurs de l’ancienne école allemande.

LA CATHEDRALE DE BALE

Enfin, nous allons décrire le fond du chœur, ou le couloir qui entoure le chœur et qui est de trois marches plus élevé que le reste. Au milieu de ce couloir était autrefois le grand autel, dont la place est reconnaisable aux briques qui la recouvrent, tandis que le reste est pavé en dalles de grès. Ce fond du chœur ne forme pas en dedans comme en dehors un demi-décagone, mais un demi-octogone,

Les stalles.

vu que les deux derniers côtés, au lieu de présenter deux faces obliques, présentent deux faces parallèles. Au reste, comme dans la plupart des églises, il ne se joint pas immédiatement au transept; il en est séparé par une étroite construction intermédiaire, à côté de laquelle sont pratiqués les escaliers du couloir et les sacristies (ces dernières servant d’archives). Maintenant le couloir est au même niveau que le chœur: ci-devant il était de six pieds enfoncé; mais on l’a exhaussé. La partie de derrière du chœur, si nous en exceptons les deux piliers par lesquels elle

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