‹ Histoire des Évêques de BaleChapitre 356 sur 496 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

d’un plafond en bois, orné ça et là de feuillages ; tout le reste est voûté, excepté le vestibule (y) droit à l’entrée (a), lequel a de même un plafond en bois. Nous y entrons par un escalier de quelques degrés. Ce vestibule est évidemment une des parties les plus modernes de l’édifice: les parois ont de grandes niches gothiques et des pierres tumulaires où l'on voit les armoiries de plusieurs familles de chevaliers; deux petites fenêtres donnent à peine un jour suffisant. Yis-à-vis de la porte s’ouvre la galerie (h), la partie la plus riche et la plus élégante du cloître : elle se lie, par un angle droit, à la galerie (c), qui se joint elle-même, aussi par un angle droit, à la galerie (d). On entre depuis le vestibule dans ces parties principales du cloître par trois grandes arcades (eee) et une plus petite (f). Ces trois galeries, en style byzantin, ont pu être construites vers le milieu du XIIe siècle: lors du tremblement de terre (1356) le cloître s’écroula aussi; il n’en resta que les colonnes, qui saillent un peu plus d’à moitié hors des piliers et des parois où elles sont engagées. C’est vraisemblablement, sur ces colonnes que plus tard l’évêque Jean Senn de Munsingen fit élever une voûte gothique dont les côtes s’élèvent immédiatement de dessus les colonnes, sans l’intermédiaire des chapiteaux. 1

Les trois galeries ci-dessus décrites formaient, dans l’origine, tout le cloître; car le vestibule, le bâtiment difforme (z) qui sert maintenant de magasin, et l’allée découverte qui mène de la porte grillée des Morts (w) à l’extrémité de la galerie (b), tout cela ne date certainement que du XVe siècle. - — La partie la plus ancienne de toutes se compose des quatre voûtes à arêtes (yggy) en style byzantin, que l’on peut rapporter à la première moitié du XIIe siècle; elles sont grossièrement travaillées, sans ornements, excepté la petite colonne (k), noblement décorée dans le même style. A ces quatre voûtes, qui ont ensemble une longueur de trentedeux pieds, se joint, comme prolongation, la galerie (d), menant par la porte (h) immédiatement dans la cour de l’évêque (nommée en allemand Biscliofshof), et servant autrefois de passage à l’évêque pour aller à l’église. (La porte i était, à ce qu’il parait, déjà murée avant la réformation, et l’évêque allait par une galerie supérieure de sa demeure à l’église.) Ce passage communique avec l'espace (x) par neuf arcades semblables à celles que nous avons marquées (eee). Ici les arêtes des voûtes sont passablement simples; ce qui pourrait faire attribuer leur construction à l’évêque Jean Senn de Munsingen. En revanche, les fenêtres, avec leur riche décoration, ne sont, à ce que prouvent les chroniques, dans l’état où nous les voyons, que depuis 1487. Elles n’eurent probablement jamais de vitres; et les formes élancées de leurs ornements semblent indiquer une époque bien plus rapprochée de nous que celles des voûtes du plafond. On peut en dire autant des fenêtres des galeries (b) et (e).

Une chose assez singulière, c’est que du côté des galeries qui donnent sur le grand cimetière, toutes les colonnes ont un socle commun ; de manière que les demi-colonnes byzantines engagées dans les piliers sont partout de neuf pouces plus courtes que celles qui leur correspondent à la paroi vis-à-vis. Les fenêtres du même côté ne commencent qu’à la hauteur de trois pieds et demi; de sorte que, le terrain du cimetière ayant la même élévation, l'œil ne découvre, depuis le cloître, qu’une pelouse unie. Du côté du cimetière encore, les piliers n’ont

1 On n’a indiqué, à dessein, dans le plan que les côtes principales, pour éviter de la confusion, On a supprimé entièrement le staffage.

LA CATHEDRALE DE BALE

qu’une décoration simple, qui leur donne le caractère de pilastres, et qui fait supposer que tout le cimetière était autrefois à peu près au niveau du cloître.

Considérons les galeries séparément. Nous remarquerons d’abord dans un angle la voûte (l), à la jonction de (d) et de (c) : les arêtes en sont faites avec beaucoup d’art, et il est difficile d'y distinguer les parties servant de support de celles qui ne servent que d’embellissement. Huit clefs de voûte portant des armoiries donnent à l’ensemble un air de solennité. La porte (h ) fut vraisembablement placée ici, au lieu d’une autre en style byzantin, par l’évêque Arnold de Rothberg, qui fit refaire le Biscliofshof en 1454: malgré les épitaphes qui la déparent, elle offre une fidèle image du style gothique se survivant à lui-même. — Vient ensuite la

Le cloître de la cathédrale.

galerie (c), dont les voûtes à arêtes sont joliment décorées: presque toutes les clefs de voûte portent des armoiries, et la paroi présente ça et là des fragments de peintures à fresque. La voûte du coin (m) est encore plus artistement faite que celle du coin (l) : huit côtes dans des positions différentes et de diverses grandeurs supportent un hexagone divisé lui- même en trois losanges. — Enfin la riche galerie (b), dont les principales parties sont dues à Jean Senn, tandis que les fenêtres datent de l’année 1487: elle mène du vestibule à la porte (n), qui est ornée sans recherche, mais aussi sans beauté. Ici encore il n’est guère possible de distinguer ce qui porte de ce qui n’est qu’un ornement. Les clefs sont richement décorées, et le tout est d’un harmonie si belle qu’on peut concevoir, sans le justifier, ce dicton populaire: qu’il h’ij a //ns de /dus beau cloître fout le lony

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