‹ Histoire des Évêques de BaleChapitre 364 sur 496 · JEAN DE VIENNE, ÉVÊQUE DE BALE · texte numérisé non relu

JEAN DE VIENNE, ÉVÊQUE DE BALE

Ce témoignage d’un auteur digne de foi, doit être placé à l’actif de Jean de Vienne et servir de réponse à ses calomniateurs posthumes. Il fut à Metz beau, sage, riche, aimé et craint, gardant en paix son évêché, sans avoir recours aux emprunts et aux engagements. La cathédrale de Metz garda jusqu’en 1793 un souvenir de son évêque Jean devienne : c’était un grand vitrail, portant ses armes, dont il avait été sans doute le donateur. Jean de Vienne n’oublia jamais sa chère église de Metz ; il y fonda son anniversaire qui se célébrait chaque année, moyennant une rente de vingt sols appliquée à cette intention.

Jean Senn, évêque de Bàle, mourut le 30 juin 1365: le chapitre sachant l’invalidité qui frappait toute élection faite contre la défense du Saint-Siège, attendit le choix du pape Urbain V, qui était encore à Avignon. Jean de Vienne fut nommé évêque de Bàle. Le 29 septembre, il était encore évêque de Metz, et le 1 4 novembre, moins de cinq mois après la mort de Jean Senn de Munsingen, il entrait à Porrentruy comme évêque de Bàle, confirmant les franchises et les privilèges du cette ville. 1 Deux jours après, le dimanche de l’octaves de la fête du bienheureux Martin d’hiver, il scellait dans son château de Porrentruy l’acte de confirmation des libertés de la Neuveville au-dessous du Schlossberg. 2 Le 28 novembre, il était à Delémont où le chapitre de Bàle scellait avec l’évêque la confirmation des franchises de Laufon. 3

Bàle avait profité de la vacance du siège pour se faire octroyer par le chapitre des privilèges, qui blessaient les droits de l’évêque. 4 On vit le conseil édicter des réglements, les mettre en vigueur, lever des impôts sur les grains, sur le sel, etc., établir des péages, admettre à la bourgeoisie des hommes de l’église de Bàle demeurant à Liestal, à Schliegen ; on Sceau de l’empereur alla jusqu’à enlever les lampes et les cierges qu’on

devait fournir à certaines solennités à la cathédrale et qui brûlaient de temps immémorial dans l’auguste sanctuaire de Notre-Dame. Devant cette usurpation des droits et des privilèges de l’église de Bàle, le chapitre protesta le 7 avril 1366 5 et prit de concert avec l’évêque une délibération capitulaire portant qu’il ne voulail pas entrer en composition avec les Bâlois, à moins qu’ils n’abolissent leurs réglements et ne donnassent pleine satisfaction à l’église de Bâle el qu’en attendant le service divin serait suspendu dans cette ville. De son côté, Jean de Vienne garantit aux chanoines les revenus de leurs prébendes dans le cas où ils devraient quitter Bàle à cette occasion: le trésor de la cathédrale en tout ou en partie devait être mis en sûreté par le trésorier du chapitre dans le château d’Istein que l’évêque mettait à sa disposition pour s’y retirer avec d’autres chanoines et leur famille. Jean de Vienne s’engageait à repousser par le glaive temporel et spirituel, et les chanoines par les armes spirituelles seulement, toute atteinte portée à leurs personnes ou à leurs biens par les Bâlois (14 avril 1366)/’

1 „Nos Johannes Dei gratia Basiliensis episcopus. Datum in Burrendrut, anno D. MGGCLXV, die veneris post festnm beati Martini, videlicet XIIIIa die mensis novembris.“ Aux archives de Porren-

truy. = 2 T rouillât, t. IV. p. 698. „ In Castro nostro de Burrendrut." = 3 Aux archives de Laufon.

„ Johannes Dei et apostolice sedis gratia episcopus Basiliensis... Datum in opido de Telsperg. “ =

4 Trouillat, t. IV. p. 705. = -r’ Ibid., p. 701. = 8 Ibid., 229.

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