‹ Histoire des Évêques de BaleChapitre 369 sur 496 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

d’attaque, craignant de nouvelles pertes, ils levèrent le siège et se retirèrent, remettant à un temps plus favorable la suite de leur entreprise. On était alors vers la fin de novembre (vers la Ste Catherine, 25 novembre).

Quelques jours après, l’armée bernoise franchit Pierre-Pertuis, près de Tavannes. Ce passage était défendu par un fort où était une petite garnison, qui n’offrit qu’une faible résistance. Le banneret Riedbourg, de la tribu des boulangers, pénétra le premier dans la place et dix-huit des gardiens du château furent massacrés. Cette entreprise retarda les Bernois qui devaient se rencontrer à jour fixe avec les troupes confédérées de Soleure. Les Soleurois rencontrèrent les gens de l’évêque à Malleray, il y eut un combat meurtrier où les troupes de Jean de Vienne furent entièrement battues et perdirent deux bannières et un grand nombre d’hommes. Après cet exploit, les Bernois et les Soleurois réunis ravagèrent la vallée de Moutier-Grandval et en rapportèrent un butin considérable.

L’évêque voulut prendre sa revanche en portant la guerre sur le territoire de Berne. A la tête de ses troupes il suivit les bords de l’Aar; mais la crue des

eaux l’empêcha d’avancer aux environs d’Olten et le comte de Nidau, qui craignait les représailles des Bernois sur ses terres, lui conseilla de ne pas aller plus loin. Jean de Vienne menaçait les Bernois d’abattre la grande forêt de Bremgarten près de leur ville; ses soldats étaient munis pour cela de cognées. Les Bernois firent suspendre par ironie des pierres à aiguiser aux arbres de la forêt, pour servir aux bûcherons armés de l’évêque. La saison était mauvaise, l’armée regagna ses foyers et la guerre fut ainsi terminée. Tel est le récit circonstancié de cette campagne Sceau de la ville de Bienne. mémorable que nous a laissé le chroniqueur de xiv°siecle' Berne, Justinger, mort en 1426, très en position

d’être instruit de tous les détails d’un fait presque contemporain. Nous nous en tenons à ce narré que tout nous fait croire très authentique. Nous constaterons à ce propos que cet historien très véridique, bernois, par conséquent naturellement hostile à Jean de Vienne, n’accuse pas cet évêque, comme l’ont fait tant d’autres, de l’incendie de Bienne. Ce malheureux événement est attribué par Justinger au comte de Nidau qui trouvait à faire du butin et des prisonniers, tout en anéantissant une ville dont le voisinage pouvait lui porter ombrage. Jean de Vienne était déjà au Schlossberg, quand son allié, qu’il croyait en route pour son château, mettait à feu et à sac la ville de Bienne. Nous insistons sur ce point parce qu’il décharge la mémoire de l’évêque Jean de Vienne d’un crime dont la plupart des historiens ont voulu la charger. Tschudi fait exception et suit le récit de Justinger, qui nous paraît le plus digne de foi. Jusqu’à nouvelles preuves, nous affirmons que Jean de Vienne, évêcpie de Bâle, n’a pas été l’incendiaire de la ville de Bienne.

Le comte de Savoie, Aniédée, s’était interposé entre les parties belligérantes et fit conclure le I I janvier 1368, une trêve qui devait durer jusqu’à la fête prochaine de S. Jacques (25 juillet). Jean de Vienne dans ce traité, dont l’original est aux archives de l’État de Berne, déclare qu’il aime beaucoup mieux la paix que

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