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PRIVILEGES DE LA NEUVEVILLE

la discorde; — pacem plusquam discordiam sicut hactenus præoptantes. 1 Avant l’expiration du délai fatal, on convint de remettre la solution des différends qui existaient entre Berne et l’évêque à trois arbitres, Hanmann de Ramstein, Jacques de Schœnau et Walther de Bebenheim, qui devaient prononcer sans appel (19 juillet 1368). 2

Jean de Vienne porta ses plaintes à ce tribunal arbitral et accusa les Bernois de lui avoir causé de graves dommages, d’avoir détruit son château de Bienne, d'avoir brûlé treize villages de l’évêché de Bâle entre Bienne et Buren et quatre autres dans la même campagne, de lui avoir fait de nombreux prisonniers. Les Bernois répondirent que l’évêque avait le premier attaqué leurs confédérés de Bienne, qu’à la foire du 2 novembre 1367, ses gens avaient arrêté, emprisonné, dépouillé des marchands de Berne ; que Berne avait adressé inutilement ses réclamations à l’évêque et qu’après quinze jours d’attente, ils avaient marché contre lui. 3

Les arbitres réunis à Balstall condamnèrent la ville de Berne à payer à l’évêque de Bâle trente mille florins de dédommagement. Berne n’offrit que trois mille florins comptant. 4 Jean de Vienne dut supporter les frais énormes de son expédition et payer chèrement ses exploits militaires.

Le comte de Nidau, qui avait été son principal allié devant Bienne, réclama quatre mille florins pour services rendus à l’évêque; Jean de Vienne lui donna pour sa vie le château et la ville d’Olten. Quant aux dommages accomplis par les gens de l’évêque, dont le comte exigeait la réparation, les arbitres choisis pour régler ce différend, le comte Simon de Thierstein, le comte Jean d’Arberg et le chevalier Conrad de Bârenfels, décidèrent que Jean de Vienne ne devait rien à cet égard au comte de Nidau. 5

Jean de Vienne reconnut aussi les services de la Neuveville. Par une charte datée de Bâle du 19 juin 1368 il confirma pleinement tous les privilèges accordés à cette ville Sceau du chapitre par ses prédécesseurs. Le même jour, il augmenta ces privi- de Saint-imier. léges par un acte spécial, en raison des mérites des Neuve- XI1Ie siecle-

villois. „ Considérant, dit l’évêque, que dans ces derniers temps, les Bernois et leurs complices assiégèrent avec une troupe très forte notre Neuveville et que nos chers bourgeois de cette ville, avec le secours de la main de Dieu et de la nôtre, et aussi des nobles seigneurs qui s’y trouvaient de notre côté, gardèrent puissamment cette place au prix de grands travaux, de combats et de défenses, comme de fidèles et loyaux serviteurs, le tout au grand honneur et à la joie de tous; nous avons songé, dans notre sollicitude paternelle, à récompenser les travaux de nos chers bourgeois de la Neuveville, et du consentement de notre chapitre, nous leur avons accordé les privilèges suivants:

.,Les bourgeois de la Neuveville auront une bannière et un banneret, élu par la main de l’évêque et le conseil de la ville. Quahd il sortira pour une expédition, les bourgeois lui donneront chaque jour dix sols de deniers. Le banneret doit

1 Loco citato. = 2 Aux archives de Berne; Pacte est encore muni des sceaux des villes de Berne,

Fribourg et Soleure. = 3 Ce procès verbal des arbitres est dans la bibliothèque de M. de Mulinen à

Berne. Trouillat, t. IV. p. 269. = 4 J. de Muller, Histoire, p. 64. = 5 Trouillat, t. IV. p. 279.

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