CHAPITRE XXII
avoir deux serviteurs attachés à la bannière et à sa personne. L’évêque attache à la bannière de laNeuveville toufe les hommes de l’église de Bâle depuis le ruisseau du Fornel jusqu’à celui de Ville, tous ceux qui habitent la montagne de Tesson et la paroisse de Saint-Imier.
„ L’évêque accorde un sceau aux bourgeois de la Neuveville. Son maire exercera la haute et basse justice. Le plaid général de Sales, tenu autrefois par le maire de Bienne, le sera par celui de la Neuveville. Les bourgeois jouiront des mêmes privilèges que les nobles pour les fiefs. Chaque année, le jour de l’Épiphanie, le maire et le conseil éliront douze conseillers pour le bien de tous, grands et petits. Tous les bourgeois seront à jamais exempts de tout impôt ou taxe qui serait ordonné par l’évêque ou par ses successeurs. Ils pourront prendre du bois dans les forêts de l’évêque pour chauffer leurs maisons, sans toutefois pouvoir le vendre. Ils pourront aussi faire pâturer leurs bestiaux sur le Chasserai jusqu’au lac. Toutes les semaines, le mercredi, ils pourront tenir un marché, sans préjudice de la foire de S. Georges et de Ste Catherine. Les bourgeois de la Neuveville pourront chasser et pêcher sur le territoire de l’évêque. Ils ne pourront contracter d’alliances sans son consentement. Tous ces privilèges cesseraient, s’ils se séparaient de l’évêque de Bâle. “ Cette charte importante fut revêtue des sceaux de Jean de Vienne et du chapitre de Bâle. 1
L’évêque reconnut aussi généreusement les services que les seigneurs, ses vassaux, lui avaient rendus dans cette campagne. Le chevalier Henmann de Ramstein reçut à ce titre une rente de deux chars de vin blanc sur les dîmes épiscopales d’Ufholtz; cette rente représentait quarante marcs d’argent pur et légal au poids de Bâle que Jean de Vienne devait donner à ce seigneur, mais qu’il n’avait pas en ce moment. Ce revenu constituait un fief que le noble chevalier devait tenir à Liestal (27 octobre 1368). 2 Le comte de Kybourg, Hartmann, landgrave de Bourgogne, avait puissament aidé l’évêque dans sa guerre contre les Bernois. Il fit ses réclamations pour les pertes, dommages et dépenses supportés à cette occasion. L’évêque trouva ses prétentions exagérées. L’affaire fut soumise à des arbitres, qui adjugèrent au comte de Kybourg deux mille florins que Jean de Vienne devait lui payer en deux termes. Le 15 avril 1368, l’évêque versa entre les mains du comte Rodolphe de Neuchâtel mille florins dont quatre cents florins d’or du Rhin revenaient aux comtes Hartmann et Ehérard de Kybourg. 3
L’écuyer Guillaume d’Orsans avait aussi servi l’évêque de Bâle. Il en reçut en fief, à titre de récompense, le château de Miécourt, un fief castrai à Pleujouse et certains biens à Courtedoux et à Frégiécourt (16 août 1370). 4 Le chevalier Henri de Delle „pour les bons, féables et aigreables services" qu’il avait rendus contre les ennemis et adversaires de l’évêque et de l’église de Bâle, reçut aussi en fief certains biens que tenait Dietelme Chambrier, fils du chevalier Conrad. Jean de Vienne qui fit dresser l’acte de cette donation en son chastel de Saint- Ursanne, promit „en foy et veritey de prélat de tenir la dite donation rate, ferme et agréable . . . sans jamaiz aller contre la teneur de ces lettres ; sans fraude, sans baret, et sans nul malvay engin* . . “ (13 juin 1371) 5
1 Trouillat, t.. IV. p. 261. = 2 „In recompensam serviciorum impensorum . . . utilitate nostra et
ecclesie Basiliensis considerata simpliciter. . . cum pro presenti argentum promptum non haberemus . . .“
Ibid., p. 281. ■= 3 Ibid., p. 265. = 4 Livre des fiefs nobles, fol. 92. = 6 De l’original, aux archives du
château de Porrentruy.