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EMBARRAS FINANCIERS DE JEAN DE VIENNE

Les frais de guerre ne pouvaient se solder avec des privilèges et des promesses de fiefs; il fallait de l’argent. Jean de Vienne dut en emprunter et pour cela fournir des gages qui devaient rester aux mains des prêteurs jusqu’au remboursement des sommes fournies. Les revenus de la mense épiscopale en diminuèrent d’autant et l’évêque en pâtit le premier. On a accusé Jean de Vienne d’avoir ruiné l’évêché ; nous constatons qu’il fut forcé de soutenir et de revendiquer à main armée les droits qui étaient l’apanage de l’évêque de Bâle et qu’il ne pouvait laisser enlever et se perdre sans manquer à son serment et à ses devoirs. Cette revendication lui occasionna des dépenses considérables qu’il dut supporter pour le bien de son évêché, et que son chapitre approuva et ratifia, comme le prouvent la plupart des actes dressés à cette occasion. Le jugement arbitral qui condamna Berne à trente mille florins de réparation à solder à l’évêque, prouve que Jean de Vienne était dans ses droits, en faisant une guerre qui assurait son indépendance de seigneur et la reconnaissance de son autorité légitime. Si donc les frais de guerre furent onéreux, ruineux même pour l’évêché de Bâle, il ne faut pas s’en prendre à Jean devienne, qui souffrit le premier de la ruine de ses finances, anéanties par la guerre, mais à ses sujets rebelles qui l’obligèrent à revendiquer ses droits par la voie des armes, le seul moyen connu à cette époque de réduire des révoltés au devoir. Nous citerons brièvement les nombreux emprunts auxquels fut forcé l’évêque de concert avec son chapitre. En 1367, emprunt de deux mille quatre cents florins d’or de Florence aux frères Hennemann, et Gœtzmann de Hirtzbach. L’évêque assigna en garantie des intérêts de cette somme, une rente de cent florins d’or sur la ville de Delémont et de douze chars de vin blanc sur les dîmes épiscopales de Watt.willer et d’Ufholtz (19 juin 1367). 1 La même année, un bourgeois de Bâle, Henmann Stamler, achète de l’évêque une rente de vingt-trois florins sur le péage de Bâle pour trois cents florins. Le comte de Thierstein Walram fait un marché semblable d’une rente de deux cent soixante-dix gulden pour quatre mille cinquante florins. 2 Jean de Vienne emprunte encore dans le même temps, avec le consentement du chapitre, des frères Imier, Thuring et Rutschmann de Ramstein, quatre mille florins d’or de Florence, pour racheter deux de ses serviteurs, Bourkard d’Eptingen dit Sporer et Henri de Morimont dit Nusse, qui avaient été mis en prison contre toute justice par le chevalier Bourkard Senn de Bucheck et ses complices. Jean de Vienne assigne aux prêteurs à titre d’hypothèque le droit de péage de Bâle sur lequel ils devaient prélever chaque année trois cents florins de cense. L’évêque et le chapitre prirent des arrangements pour appliquer les revenus de ce péage au remboursement des emprunts dont il était chargé. 3 Jean de Vienne s’obligea à ne rien tirer de ce droit de péage ; tout le produit de cet octroi devait être mis en réserve, dans un certain tronc commun, — in certum truncum communem — jusqu’au payement entier des dettes qui pesaient sur ce droit de péage, 4 avec une rente de trente-six florins pour quatre cenl soixante florins empruntés le 20 janvier 1368 à Werner de Hall, bourgeois de Bâle, 5 et quatre cents florins prêtés à l’évêque, la même année, par la dame Adélaïde Marschalckin. 6 La même année, Jean de Vienne vend à réméré, du consentement du chapitre, une rente annuelle de six chars de vin sur les dîmes épiscopales

1 Trouillat, t. IV. p. 708. Cet emprunt fut reconnu et approuvé par le chapitre de Bâle, le 5 juin

1380. — Ibid., p. 760. = 2 Ibid., p. 709. = 3 Urslisii Rhapsodiæ rerum variarum, 101. = 4 Trouillat,

t. IV. p. 709. = 5 Ibid., p. 250. = 6 Ibid., p. 260.

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