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CHAPITRE XXII

àSoultz, pour six cents florins que lui paye l’écuyer Cuntzman Puliant d’Eptingen. 1 Il emprunte encore, le 13 juillet, trois cent soixante-dix florins à Jacques Froweler, bourgeois de Bàle; parmi ses cautions, figurent plusieurs chanoines de la cathédrale. 2 Constatons que le 24 octobre suivant, l’évêque de Bàle remboursa à Enguerrand de Coucy, comte de Soissons et de Bedfort, deux mille florins d’or qu’ Albert de Bucheim, bailli en Souabe, lui avait prêtés, au nom d’Enguerrand, par l’entremise des bourgeois de Bàle. 3 A la même époque, nouveau remboursement de deux mille florins au chevalier Jean de Bàrenfels, et de quatre cents florins au comte de Neuchâtel. 4

Pour assurer d’une façon plus régulière le remboursement des dettes de l’évêché, Jean de Vienne engagea en 1370 aux Bàlois les revenus provenant des péages et de la monnaie, dont il venait d’établir à Bâle un atelier sous la surveillance du chanoine Henri Velmin, assisté de deux prudhommes, experts en cette partie (14 décembre 1370). 5 Ces revenus devaient servir entièrement à payer les dettes de l’évêché, et les quittances des créanciers devaient en être remises au chapitre, 6 à condition par eux de solder ces dettes et d’en remettre les quittances aux chanoines. La ville était aussi dans une position difficile et ses finances étaient en souffrance. Jean de Vienne, par grâce spéciale, autorisa son bourgmestre Henman de Rotberg, chevalier, et son conseil à établir un impôt de six deniers nouveaux sur chaque quartaut de grains, moulu tant à Bâle qu’au Petit-Bâle ; cet impôt devait être prélevée durant cinq années seulement (12 décembre 1369). 7 Un impôt de guerre fut étendu à tout l’évêché, après l’expédition contre Bienne et Berne; Neuveville dut payer pour sa part quinze livres stebelers. Jean devienne déclara par un acte public dressé à Saint-Ursanne que cet impôt ne devait point tourner au préjudice des bourgeois de la Neuveville, ni être contraire à leurs franchises; il était exceptionnel et forcé par les circonstances difficiles où se trouvait l’évêché de Bàle (2 mai 1371). 8

Cet impôt fut insuffisant pour couvrir les dettes contractées pour la défense des droits de l’évêque. Il devait deux mille florins d’or au comte Waleram de Thierstein le Vieux qui, dans un différend grave à main armée suscité à Jean de Vienne et à son église par Hermann de Bechbourg, l’archidiacre Werner Schaller et ses adhérents, avait prêté à l’évêque et à l’église de Bàle le secours de son bras, de douze hommes d’armes avec toutes ses forteresses. Ne pouvant payer les deux mille florins dus au comte, Jean de Vienne, de concert avec le chapitre de Bâle, lui engagea la ville de Laufon avec toutes ses dépendances, le 9 août 1371. 9

Nous ignorons les motifs et les détails de cette lutte armée entre l’évêque et son archidiacre Werner Schaller, que nous retrouverons plus tard cherchant à s’emparer par intrusion du siège épiscopal de Bàle. Le chapitre contestait à cette époque à l’évêque la jouissance de certaines rentes à Riehen, Alschwiller et Pfeffingen. Jean de Vienne prétendait que de temps immémorial, les évêques de Bàle avaient joui du droit de percevoir une rente annuelle de cent soixante-six quartauts et dix setiers d’épeautre et de cinquante- quatre quartauts d’avoine sur le domaine de Riehen et de lever le quart des dîmes de Pfeffingen et d’ Alschwiller ; et que

1 Trouillat, 1. IV. p. 259. = 2 Ibid., p. 712. = 3 Ibid., p. 2(i0 et 714. = 4 Ibid., p. 714. = 5 Ibid.,

p. 720. = « Ibid., p. 721. = 7 Ibid., p. 718*. = 8 Ibid., p. 722. = 9 Ibid., p. 320 et 722. Le comte de

Thierstein confirma le 27 mars 1373, les privilèges de Laufon, dont il était seigneur et maître, en vertu

de rengagement de 1371. L’acte original de cette confirmation est dans les archives de Laufon.

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