LE PETIT-BALE AU DUC LEOPOLD D’AUTRICHE
Ce fut à Rheinfelden, le 18 juin 1375, que l’évêque engagea le Petit-Bâle. Dans l’acte dressé à cet le occasion, Jean de Vienne déclare que Léopold, duc d’Autriche, ainsi qu'il l’avait promis et comme il était tenu de le faire, lui a prêté secours de tout son pouvoir, dans la guerre qu’il a faite aux bourgeois de Bâle et qu’il a contracté envers ce duc une obligation de trente mille florins d’or pour le récupérer des frais et dépenses essuyés à cette occasion. Dans l’impossibilité de couvrir cette dette en ce moment, il engage à réméré au duc Léopold la ville du Petit- Bâle, avec tous les droits et appartenances que l’évêque y possède, sous la condition que cette ville soit rachetable en tout temps pour la même somme. Il est entendu que le duc d’Autriche devra maintenir les bourgeois du Petit-Bâle dans tous leurs droits et privilèges et que l’évêque devra obtenir l’autorisation du pape et du chapitre pour valider ce contrat. 1 Le même jour, Jean de Vienne écrivit aux bourgeois du Petit-Bâle qu'il les dégageait du serment de fidélité qu’ils lui avaient prêté, leur enjoignant de reconnaître pour leur seigneur le duc Léopold d’Autriche et de lui rendre tous les devoirs auxquels ils étaient attenus de droit et de coutume envers l’évêque de Bâle. 2 De son côté, le duc régla les rapports entre le Grand- et le Petit-Bâle par une déclaration portant la même date, le
18 juin 1375. Il a pris part à la guerre entre Jean de Vienne et les Bâlois, comme vassal de l’église de Bâle. Tout est apaisé en ce moment et les bourgeois ont rendu à leur évêque tout ce qu’ils lui avaient pris contre le droit et la justice. Il est convenu que si une guerre venait â s’allumer entre le duc et la ville de Bâle, le Petit-Bâle restera neutre. Les bourgeois des deux villes peuvent librement communiquer entre eux ; la police, les droits et privilèges du Petit-Bâle demeurent entiers et le duc y jouira de tous les droits de l'évêque, sans que les bourgeois de Bâle puissent élever aucune contestation. 3
Il était temps de faire la paix et de se retirer derrière l’abri des murailles et des remparts. Les bandes pillardes d’Enguerrand de Coucy envahissaient l’évêché de Bâle et se livraient partout au pillage et à la ruine. Le père d’Enguerrand avait épousé Catherine d’Autriche, fille aînée de Léopold 1er que les Suisses défirent à Morgarten. On lui avait assigné pour dot l’Alsace et l’Argovie. Enguerrand avait épousé Isabelle, fille d’Edouard III, roi d’Angleterre. Ce mariage lui procura l’appui d'une foule de chevaliers anglais qu’il employa à la revendication de son héritage en Alsace et en Suisse.4 Le 24 septembre 1375, Enguerrand avec son armée était à Massevaux. 5 Ce qu’apprenant, le bourgmestre de Bâle, Jean Puliant d’Eptingen, écrivit le 1er octobre au conseil de Strasbourg pour avoir des renseignements précis sur les forces et les intentions de ces troupes anglaises. Strasbourg envoya les renseignements demandés. De son côté, Bâle informa le 14 octobre Strasbourg que les bandes d’Enguerrand de Coucy avaient l’intention de marcher sur Bâle, comme l’annonçait Guillaume de Grandvillard ; que ce même jour, elles devaient se trouver au village de Roche, en deçà de Eure, et marcher de là sur Belfort, pour menacer ensuite l'Alsace. Dans le cas où ces bandes se porteront sur Strasbourg, les Bâlois feront tout leur possible pour lui porter secours; ils réclament la réciprocité dans le cas où Bâle serait menacée. 7 Le
19 octobre, nouvelle lettre du conseil de Bâle. Ou a des informations certaines.
1 Sprêng, Ursprung des mindern Basel, p. 49. — Ochs, t,. II. p. 233. = 2 Spreng, ibid. = 3 Ibid.
= 4 J. de Muller, Histoire des Suisses, t. V. p. 208. = 5 Wencker, apparatus arehivornm, 216. =
G Schilter ad chronicon Kônigshofen, p. 903. = 7 Ibid., p. 904.
Evêques de Bâle