L’AMIRAL JEAN DE VIENNE, SEIGNEUR DE SAINT-URSANNE
d’intelligences qu’il avait dans la place. Les comtes de Kybourg et de Thierstein, se croyant lésés dans leur héritage, gagnèrent à leur tour quelques bourgeois et se firent ouvrir une porte de la ville, durant une nuit épaisse. La guerre fut déclarée et de part et d’autre on ravagea le pays ennemi. Enfin on en vint à un accord qui fut conclu à l’aimable: on convint que l’affaire serait décidée par un combat public et sans fraude, entre un pareil nombre de chaque parti. Ces deux bandes se réunirent dans une plaine voisine de Schwadernau; cinquante-six maîtres devaient combattre pour les comtes, cinquante-six pour l’évêque. Pour se mesurer avec plus d’égalité, ils descendirent de cheval, et ne se servirent que de leur épée. Le combat fut des plus furieux. Ils se battirent pendant deux heures avec un avantage égal, mais leur extrême lassitude les obligea de faire une trêve pour quelques moments afin de reprendre haleine et de recommencer le combat avec plus de vigueur; cela leur arriva jusqu'à la troisième fois que les tenants de l’évêque furent enfin vaincus; une partie resta sur le champ de bataille, les autres furent
Le Château de Coucy dans son ancien état.
D’après une miniature du XIIIe siècle.
faits prisonniers, entre autres le seigneur de Nan, le neveu de Jean de Vienne. L’évêque de Bâle dut renoncer entièrement à Nidau et à ses dépendances (1376). 1
Malgré sa défaite, le prélat n’en reconnut pas moins ceux qui l’avaient servi en cette occasion et appuyé de leurs armes. L’écuyer Jacques de Tavanne lui avait rendu „de bons feauls et agréables servisses . . . especialement en defendre et gairder leauhnent la ville de Byenne, adonc et quant les compaignes, gens et servant don seingnour dn Coud furent en Arguel et en la terre ai conted e Nydowe, contre les dicts conpaignes, et aussi en la guerre que nous (l’évêque de Bâle), à cause de nostre églisse de Baisle, avons ahuz et encor avons contre les contes de Kyburg et de Tierstein. pour cause du chastel et ville de Nydowe et des autres fiez, que de bonne mémoire le conte Ruedolf de Nydowe tenait de nous et de nostre eglisse de Baisle, lesquelx services nous n’avons point reguerdonez a dit Jaicques". 2 L’évêque assigna au fidèle écuyer une somme de deux cents florins „de bon or. de leaulx et juste poix et de bon coing". Jusqu’au payement de celte
1 Justingers Berner Ghronik, p. 195. — J. Muller, t. V. p. 219. — Wurstisen, Ghron. Basil, ad 137(i. —
- Extrait de l’acte de donation de Jean de Vienne, aux archives de l’ancien évêché de Bâle.