‹ Histoire des Évêques de BaleChapitre 383 sur 496 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

somme il lui donna la dime épiscopale de Malleray. Cet acte de reconnaissance fut dressé à Delémont, le 2 septembre 1376.

Un autre serviteur de l’évêché de Bâle, le chevalier Bourkard Sporer d’Eptingen, reçut la même année la récompense de ses nombreux services. Jean de Vienne se déclara son débiteur pour cent marcs d'argent et lui engagea, jusqu’au payement total de cette somme, le droit de monnaie à Brisach. Dans la lettre de l'évêque, datée du château de Nidau où il résidait alors (21 mars 1376), il est fait mention des nombreuses missions, dépenses et graves dommages subis par Bourkard Sporer, pour tenir et garder les otages, longtemps, en plusieurs endroits, à l’occasion des dettes de l’ancien évêque Jean Senn, au nom de l’église de Bâle. Ces dettes, observe Jean de Vienne, et nous prions nos lecteurs de l’observer également, pour justifier ses nombreux emprunts, — ces dettes ne purent être payées par notre prédécesseur, mais l’église de Bâle en a été chargée et en porte encore la charge. 1 Dans les services qu’il nous a rendus, poursuit Jean de Vienne, le dit seigneur Bourkard a perdu beaucoup de chevaux, de coursiers et de roncins, en allant pour les affaires propres de notre église de Bâle et pour les nôtres, au nom de cette même église, dans les lieux où il était nécessaire d’aller, en y demeurant et en partant de là ; en outre il a enduré des travaux, des peines, des vexations à Liestal et ailleurs pour soutenir et maintenir le droit de notre Église, quand nous avions la guerre contre les Bâlois et d’autres qui retenaient injustement le droit de cette même Église. 2

Le maire de la montagne de Diesse, Perrin, s’était particulièrement distingué par „les peines, labour, travaulx et missions soutenu en et de la guerre que l’evesque de Basle à cause de l’eglise de Basle, avait nouvellement eu, contre les comtes de Kibourg et de Ttirstain et par le bon comportement que le dit Parrier avait faict en la dite guerre". Pour regouerdonner ces services, Jean de Vienne, par un acte dressé à Delémont où il résidait le 10 décembre 1376, affranchit ce fidèle serviteur de toutes tailles et prestations et ne lui imposa que le service de la lance, comme les autres francs sergents étaient tenus de faire. 3 Ce mode de récompense tenait lieu de l’argent que l'évêque ne pouvait donner. La guerre de Nidau avait épuisé ses ressources. 11 avait dû emprunter le 12 août 1376, avec le consentement du chapitre, trois cents florins d’or à Guillaume d’Orsans écuyer, en lui vendant, à réméré, une rente de vin à prélever sur la dîme de Cernay. 4 Autre emprunt de deux cent soixante florins contracté le 5 septembre de la même année avec le chanoine Imier de Ramstein qui avait reçu en gage une rente de vin à Riquewihr, le chapitre de Bâle consentant. 5 Un bourgeois de Colmar, Frantz dit Nefe, avait fourni à l’évêque pour six cent trente florins plusieurs chevaux que Jean de Vienne avait donnés à certains serviteurs de son église pour remplacer ceux qu’ils avaient perdus à son service. Pour payer cet achat, le prélat dut vendre à réméré au bourgeois de Colmar une rente de six chars de vin blanc sur les dîmes épiscopales de Riquewihr et d’Hunawihr. 0

1 „Que débita (per R. D. Johannern episcopum Basiliensem nostrum predecessorern ivnmediatuin

facta) solvi non potuerunt per eundem nostrum predecessorern, sed in eisdem obligationibus et debitis

esse nransit et adhuc est ecclesia Basiliensis obligata. sustinuit et incurrit . . . “ Diplomatarium C, aux

archives de l'ancien évêché de Baie. — 2 „Dum guerram contra Basilienses et non nullos alios, qui jus

ejusdem ecclesie indebite occupabant, habebamus.11 Ibid. Nous citons textuellement cette phrase qui

affirme si clairement la justice des expéditions de l’évêque qui n’avaient d’autre but que la revendication

des droits de l’église dont il avait la charge. = 3 Trouillat. t. IV. p. 376. = 4 Archives de l’ancien évêché

de Bâle. — 6 * * Ibid. = 6 Trouillat, t. IV. p. 374?.

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