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LES ANGLAIS DANS L’EVECHE DE BALE

Les finances de Jean de Vienne s’étaient trouvées à découvert par suite de l’accord qu’il crut utile de faire avec les Bernois dans l’intérêt de la paix et de la bonne entente. On a vu précédemment qu’à la suite de leur expédition dans l’évêché de Bàle, un tribunal arbitral siégant à Balstal avait condamné les Bernois à payer trente mille florins d’empire à Jean de Vienne. Cette somme était bien nécessaire à l’évêque pour relever ses finances. Néanmoins il préféra faire alliance avec Berne 1 et s’assurer au besoin l’appui de cette ville importante, en se contentant de trois mille florins, au lieu des trente mille qui lui étaient dus. La guerre de Nidau obligeait l’évêque à ménager les Bernois qui auraient pu prêter main forte contre lui aux comtes de Kybourg et de Tlnerstein. L’accord conclu avec Berne, dont l’original est conservé aux archives de la ville fédérale, est du 7 juillet 1376. Jean de Vienne déclare dans cet acte que ses chères délices sont de

Le château de Kybourg, au XVIIe siècle.

pouvoir acquiescer aux demandes de ses amis et mener avec eux une vie paisible. 2 C’est pourquoi il absout les Bernois et leurs adhérents de tous les dommages qu’ils lui ont causés à lui, à ses gens et au monastère de Moutier-Grandval. Berne versa mille florins d’or entre les mains de l’évêque de Bàle. le 4 août 1 376. 3

Bienne, la ville rebelle, s’était aussi réconciliée avec son seigneur légitime qui avait dû la ramener à l’obéissance. Jean de Vienne y résidait au commencement de mars 1376; le 5 de ce mois il délivre à Bienne aux Soleurois un diplôme

1 „Ratione cujusdam auxilii ac servitii nobis per dictos Bernenses faciendo promissi, prout in quadam alia littei’a de super confecta lucidius continetur. “ De l’original aux archives de Berne. Ces termes font soupçonner une alliance de Jean de Vienne avec les Bernois devenus ses bons amis. = 2 „Sumrnis epulamur in deliciis, cum nostrorum amicorum postulationibus possumus acquiescere et cum ipsis vitam

ducere quietam.“ Ibid. Nous aimons à faire ressortir ces sentiments si pacifiques de notre évêque qu’on

a représenté comme un jouteur infatigable, toujours armé et partout en guerre. Dans le même acte l’évêque dit encore: „ Attendentes nostrum ac nostri episcopatus statum docere amicicie et componi amicabiliter, quia amicus amicum induit, qui justis amicorum condescendit petitionibus.“ = 3 Aux arch. de Berne,

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