‹ Histoire des Évêques de BaleChapitre 385 sur 496 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

qui les exempte du péage de Nidau. 1 La ville se relevait des ruines qu’avaient accumulées l’incendie et le pillage de 1367, Jean de Vienne encourageait de tous ses efforts cette reconstruction qui exigeait d’immenses travaux et de grandes dépenses. Pour venir en aide à ses chers et fidèles Biennois et reconnaître la fidélité et l’obéissance constante don! ils faisaient preuve envers l’évêque, le chapitre et l’église de Bàle, il leur délivra le 10 juin 1376 un diplôme portant son sceau et celui du chapitre qui assurait aux habitants de Bienne le droit de patronage de l’église paroissiale de leur ville avec tous les avantages qui y étaient attachés, et les autorisait à en disposer comme bon leur semblerait. 2

Tous les termes de cet acte important attestent entre l’évêque et Bienne des rapports et des sentiments qui excluent le supçon d’incendie dont on a voulu charger la mémoire de Jean de Vienne.

Les autres villes de son diocèse étaient en même temps l’objet de la sollicitude du vénérable prélat. Il assurait à Porrentruy un défenseur dévoué en remettant à l’écuyer Rolin de Cormondroiche la garde du château de cette ville, durant trois semaines consécutives, moyennant une rente annuelle de six muids de froment sur les moulins de Porrentruy. L’évêque récompensait ainsi, avec le consentement de son chapitre, les services nombreux rendus à l’église de Bâle par Rolin de Cormondroiche. 3 Porrentruy voyait à cette époque s’établir dans l’église Saint- Pierre la confrérie de S. Michel qui devait être pour toute la paroisse un sujet d’édification et une confraternité de prêtres y célébrant chaque jour l’office divin (11 octobre 1377). 4

Saint-Ursanne était alors entre les mains du cousin de l’évêque de Bâle, l’amiral de France, Jean de Vienne, qui avait reçu cette ville en reconnaissance des services rendus par lui â l'évêché, lors de l’invasion des compagnies d’Enguerrand de Goucy. Le 13 septembre 1376, l’illustre marin était dans sa bonne ville et recevait des bourgeois prudhommes et habitants de Saint-Ursanne serment de fidélité et d’obéissance léale et due. De son côté l’amiral „par son léal foy et sarment donez sur saint évangile de Dieu corporellement touché" promit de maintenir, défendre et garder fermement et inviolablement, à toujours, comme un bon et léal seigneur doit, sans fraude et sans baret toutes les franchises, privilèges et libertés, bons us et bonnes coutumes de l’église et de la ville de Saint-Ursanne. La charte scellée par l’amiral, est encore aujourd’hui en original aux archives de Saint-Ursanne. 5 Un autre titre, du 17 mars 1379, rappelle le séjour du célèbre guerrier dans sa ville, de Saint-Ursanne. A cette époque, le chapitre et les bourgeois étaient en querelle. Les chanoines affirmaient que leur prévôt avait et tenait juridiction de la ville, et en particulier la connaissance des mesures de blé, vin et poix, dont il avait la surveillance. Si une amende frappait les contrevenants ayant faux poids et fausse mesure, le tiers en revenait à l’amiral, le reste au prévôt. Sans le consentement du prévôt, les bourgeois et habitants de Saint-Ursanne avaient diminué la mesure de la channe et de la pinte et mis angal „dc leur téméritey" sur le vin. Le chapitre avait protesté contre ces actes des bourgeois. Les bourgeois

1 Soloth. Wochenbl., 1830. p. 654. = 2 „ Dilecti nostri . . . lideles assidui villicus, consules et univer-

sités . . . de Byello . . . nobis el nostris fréquenter obediunt . . . “ Trouillat, t. IV. p. 354. = 3 Livre des

fiefs nobles, fol. 91. = 4 L'acte de fondation du chapitre de S. -Michel est dans les archives de Porren-

l.ruy. Cette confraternité fut approuvée par l’archevêque de Besançon. Guillaume de Vergy, le 5 juin

1378. = 5 Nous l'avons donnée in extenso dans le tome V des Monuments, p. 157.

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