‹ Histoire des Évêques de BaleChapitre 395 sur 496 · CHARTE DE LIBERTE DES FRANCHES-MONTAGNES · texte numérisé non relu

CHARTE DE LIBERTE DES FRANCHES-MONTAGNES

Othon de Beaumont, Pierre de Ghoisy et l’écuyer Perrin de Yal Travers, de faire en son nom, entre les mains de l’évêque, Imier de Ramstein, la remise des forteresses, ville, châteaux, terres et hommes et de recevoir du prélat la somme convenue. 1 Cette somme se montait à quatre mille florins que le pauvre évêque ne possédait pas. Il les emprunta aux Bàlois qui reçurent à titre d’hypothèques, la ville et le château de Saint-Ursanne et les châteaux deChauvelier et deMuriaux. 2

En même temps et pour sûreté de la même somme, l’évêque aux abois engagea aux mêmes Bâlois la ville et le château de Porrentruy qui reçurent l’ordre de prêter serment de fidélité à ces nouveaux maîtres (20 juin 1384). Les Bàlois confirmèrent les franchises et les privilèges des deux villes le 8 et le 23 juillet de la même année. 3 A la même époque, Imier de Ramstein devait mille florins à son vassal Jean Ulrich d’Asuel; ne pouvant lui payer cette somme, il lui engagea, à réméré, le tiers de l’avocatie et des gens l’Ajoie et de la châtellenie de Porrentruy, avec la haute et basse juridiction (22 juin 1384). 4 La même année, Imier de Ramstein, pour faire face aux dettes criardes qui pesaient sur lui, du fait de Jean de Vienne et du chapitre, engagea à Jean de Nans les revenus et redevances provenant de toutes les terres ou village sis au-delà de Pierre- Pertuis.5 L’évêque doit cinq cents florins à Renaud de Mallerai, maire de Delémont et lui engage pour cette somme tous les revenus de cette ville (1383) 6 auxquels il joint les revenus des moulins de Delémont pour cent autres florins (1384). 7

Au milieu de ces embarras financiers, sans' cesse renaissants, le pauvre évêque cherchait dans un acte mémorable, à apporter la fertilité et la vie sur un vaste plateau, presque inculte et inhabité, qui faisait partie de ses états. Ce plateau, devenu une des plus riches et des plus fertiles parties de l’évêché de Bâle, a pris de la charte de franchise d'Imier de Ramstein le nom de Franches- Montagnes qu’il garde encore aujourd’hui.

Voici en son entier, ce document mémorable qui est la première page de l’histoire des Franches-Montagnes et la charte des libertés dont ce peuple a joui pendant des siècles et qui lui ont assuré son indépendance et sa prospérité. C’est à Bâle, le 17 novembre 1384, qu’est dressé cet acte qui porte les sceaux de l’évêque et du chapitre de Bâle : 8

„Nous Imer de Piamstein par la grâce de Dieu et du Saint-Siège apostolique Evêque de Bâle, savoir faisons a tous et un chacun, qui les présentes verront ou entendrons : que Nous considérant notre grand et évident profit et avantage, de notre Eglise de Bâle pour nous et nos successeurs, par l’exprès consentement, volonté et sçu de nos vénérables frères, les Prévôt, Doyen et Chapitre de l’Eglise

Sceau de l’évêque Imier de Ramstein.

Aux archives du château de Porrentruy.

1 L’original de cette lettre de l’amiral de France est aux archives de Saint-Ursanne. = 2 Archives

du château de Porrentruy. — Ochs, t. II. p. 289. — 3 Aux archives de la ville de Porrentruy. = 4 Ibid. —

Après la mort de Jean Ulrich d’Asuel, ses enfants héritèrent en 1385, de ces droits jusqu’au payement

des mille florins. Trouillat, t. IV. p. 455. = 6 Ibid., p. 782. = 6 Ibid., p. 779. = 7 Ibid., p. 782. =

8 Nous reproduisons la traduction faite en 1790 par le greffier Farine de Saignelegier sur le texte latin de la charte de 1384.

Evêques de Bâle

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