CHAPITRE XXIII
tenait le château du Schlossberg, échangé avec Imier de Ramstein contre celui de Pleujouse (23 octobre 1386). 1
Parmi toutes les possessions de l’évêché, engagées par Jean de Vienne, la plus importante était la ville du Petit-Bâle, que le duc Léopold d’Autriche avait reçue en gage en 1375, pour trente mille florins de Florence. Les Bàlois souffraient de ce voisinage d’un prince puissant qui avait été parfois leur ennemi. Le duc consentit en 1386 (13 octobre) à céder le Petit-Bâle aux Bâlois pour sept mille florins qu’ils lui payèrent. Imier de Ramstein ratifia cette vente, se réservant le rachat du Petit-Bâle contre les sept mille florins de la vente (25 août 1389). 2 L’évêque s’était auparavant muni du consentement du Saint-Siège. Il avait envoyé à Borne son vicaire, maître Conrad Hol de Laufon : les Bàlois avaient avancé deux cents florins et fourni deux chevaux pour cette ambassade. 3 Le marché qui assurait à Bâle la possession du Petit-Bâle ne fut conclu par l’évêque et son chapitre qu’en 1391 : la vente fut faite pour le prix de vingt et un mille bons florins de Florence, quinze mille servirent à retirer la ville des mains des ducs d’Autriche, et six mille à racheter Delémont avec ses dépendances. Le bourgmestre de Bâle, Henri Reich, promit de rendre à l’évêque le Petit-Bâle, s’il remboursait le prix de vente. 4 Cet accord fut confirmé le 9 juin 1391 par l’administrateur de l’église de Bâle, Frédéric, évêque de Strasbourg. 5
En même temps que les Bàlois se trouvaient en possession de la ville qui lui était unie par tant de liens, ils obtenaient de l’empereur Wenceslas, à titre de don gratuit, en considération des bons services rendus à l’empire, l’office de l’avoué (Vogt) de Bâle, que la mort du duc Léopold avait laissé vacant (1 août 1386). 6 Le duc d’Autriche était resté sur le champ de bataille de Sempach avec un grand nombre de chevaliers de la première noblesse de l’évêché de Bâle et des environs. Jean Ulrich d’Asuel était mort glorieusement en défendant la bannière du duc (9 juillet 1386). 7 On comptait parmi les morts quatre nobles de Reinach. Un d’entre eux était monté sur une voiture chargée de cordes devant Sempach, en montrant aux habitants de cette ville l’instrument du supplice qui les attendait, s'ils ne se rendaient sur le champ. Le matin de la bataille, la noblesse autrichienne résolut de combattre à pied, et pour pouvoir le faire, il fallut couper la pointe abaissée de ces souliers à long bec, alors fort à la mode, et qui ne pouvaient servir qu’à des hommes à cheval. Soit maladresse, soit précipitation, le jeune Hermann de Reinach ayant mal coupé sa chaussure, se blessa si profondément un des doigts du pied, que la douleur lui ayant arraché des larmes, ses parents indignés le renvoyèrent durement aux équipages pour se faire panser. Cependant le combat s’engage, les quatre Reinach y sont tués et lui seul échappe au combat et perpétue cette illustre race. 8
Si les Bàlois retirèrent de précieux avantages de la mort du duc Léopold, l’évêque de Bâle n’en resta pas moins sous le poids de ses embarras financiers; toujours les mêmes expédients pour se procurer l’argent absolument nécessaire à l’administration de ses états et à sa propre subsistance. Il emprunte en 1386, par l’entremise et avec la caution de plusieurs bourgeois de Bâle, d’un juif nommé
1 Trouillat, t„ IV. p. 792 et 793. = 2 Ochs, t. II. p. 307 et 319. = 3 Trouillat, t. IV. p. 810. =
4 Spreng, Der mindern Stadt Basel Ursprung, p. 57. = 5 Trouillat, t. IV. p. 820. = 6 Le diplôme est
de Prague. Ochs, t. II. p. 393. = 7 Chron. de Konigshofen. — Annales, Stuttgart, 1851. p. 14. = 8 J . Muller,
Histoire des Suisses.