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DEPOSITION D’EUGENE IV

Le concile lui fit des obsèques solennelles. Son successeur, Frédéric ze Rhein fut élu le 9 janvier 1437. Quelques chanoines voulaient porter leurs voix sur Burkart de Ratsamhausen. Les archevêques de Lyon et de Bordeaux parvinrent à décider ce dernier à renoncer à son élection, moyennant quelques prébendes qui lui furent accordées. L’élection de Frédéric ze Rhein fut confirmée par le pape Eugène IV. 1 Il reçut la consécration épiscopale le 5 mai 1437 des mains de l’évêque de Digne. U put donc siéger légitimement à la 25e session du concile de Bàle qui eut lieu le 7 mai et qui était encore présidé par les légats du pape. Malheureusement, il siégea encore lorsque les légats ayant quitté Râle, avec les prélats les plus recommandables, le concile ne fut plus qu’un conciliabule schismatique et le théâtre des excès les plus révoltants.

Dès la 26e session, 31 juillet 1437, on cite le pape et les cardinaux à comparaître devant le concile dans l’espace de soixante jours.

Le 26 septembre (27e session), on casse la nomination d’un cardinal faite par le pape. Le 1er octobre, dans la 28e session, on déclare Eugène IV contumace. „Ce jour-là, disent les actes du concile, la grand’messe de Saint-Esprit fut chantée dans la cathédrale par Georges, évêque deVich en Espagne qui présidait l’assemblée. Après l'office, ce prélat, revêtu des insignes pontificaux, la mitre d’or sur la tète, s’assit devant le maître-autel sur un siège élevé, en présence d’une grande foule et de plusieurs prélats portant la chape et la mitre simple; alors les promoteurs du concile et le procureur fiscal donnèrent lecture du monitoire et de la citation lancée par le concile contre le pape Eugène IV et affichée aux portes de la cathédrale de Râle; en même temps ils portèrent contre le pape l’accusation de contumace. Après cette lecture, le concile ordonna à l’évêque d’Albenga (Italie) de monter à bambou et de déclarer Eugène IV contumace. Ce qui fut fait." 2

Huit jours après, dans sa 29e session, on supprime la bulle que le pape avait donnée pour la translation du concile de Bàle à Ferrare. A la 30e session, 24 janvier 1438,1e conciliabule déclare le pape Eugène suspens de toutes ses fonctions, tant au temporel qu’au spirituel et mande aux rois, aux princes et à tous les ecclésiasstiques, de ne plus lui rendre obéissance. On venait d’apprendre la mort de l’empereur Sigismond (9 décembre 1437). Le concile lui fit de solennelles funérailles, le 27 janvier 1438. La veille, on sonna, à trois reprises, toutes les cloches des églises de Bàle. Les sièges des pères du concile étaient couverts de drap noir; on y voyait les armoiries de tous les états de l’empire. Le catafalque très élevé était entouré de grands cierges. 8

Le concile reprit sa 30e session le 24 mars. On y prononça anathème contre le concile œcuménique ouvert à Ferrare et on le traita de convention le schismatique. Au mois d’octobre 1438, on entreprend d’ériger en vérités de foi au nombre de huit, les prétentions séditieuses du concile contre l’autorité du chef de l’Église. La division s’établit entre les assistants. Des évêques veulent refuser aux ecclésiastiques du second ordre voix délibérative en pareille matière. L’archevêque d’Arles défend ceux-ci; l’archevêque de Païenne et la plupart des évêques se combattent. A la fin le trouble et la confusion sont dans l'assemblée; on crie, on dispute, on mêle les injures aux reproches; on se plaint que la liberté du concile est violée, tous proposent leurs avis pêle-mêle sans être interrogés. L’archevêque d’Arles voulait

1 Wurstisen, Chron. Basil., p 321. = 2 Acta conc. Basil., p. 86. = 3 Wurstisen, ibid., p. 332.

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