LA PESTE A BALE EN
prévôts, des prieurs, des prêtres, des docteurs in ut-roque- jure, au nombre d’au moins quatre cents. L’évêque de Marseille lut le décret qui proclamait la supériorité du concile sur le pape, et déclarait que le concile ne peut être dissout par le pape à moins que le concile n'y consente. Après cette lecture, on chanta le Te Deum et la session fut close. 1
La 34e session eut lieu le 35 juin 1439. On y déposa le pape Eugène IV, comme désobéissant, opiniâtre, rebelle, violateur des canons, perturbateur de l’unité ecclésiastique, scandaleux, simoniaque, parjure, incorrigible, schismatique, hérétique, endurci, dissipateur des biens de l’Église, pernicieux et damnable. Le conciliabule défendait à quiconque de le reconnaître pour pape, et déclarait les contrevenants déchus de toutes leurs dignités, soit ecclésiastiques, soit séculières, fussent-ils évêques, archevêques, patriarches, cardinaux, rois ou empereurs.
La Mort.
Peint à fresque dans le cloître du Campo-Santo de Pise. XIVe siècle.
Voilà ce qui fut statué par une assemblée où l'on comptait trente-neuf prélats dont il n’y avait que sept à huit qui fussent évêques. Frédéric ze Rhein prit part à ce vote; c’était, dit le cardinal Turrecremata, un homme sans lettres et assujetti aux volontés des autres. 2
La peste vint interrompre l’œuvre sacrilège du conciliabule de Bâle. Æneas Sylvius, témoin oculaire, a laissé un lamentable tableau de cet horrible fléau. Enfants, jeunes gens, hommes, vieillards, tous furent frappés par la peste. La contagion passa des étrangers aux pauvres de la ville, puis aux riches et enfin aux pères mêmes du concile. La terreur fut extrême. Chaque jour on rencontrait
1 Æn. Sylv., Comm.. p. 43. = 2 Labbe. t. 1.3. -
Rohrbacher, t. XXI. p. 510.